Origine et histoire du Chai de Lardimalie
Le chai de Lardimalie, édifié en 1902 à Saint-Pierre-de-Chignac par l’architecte bordelais Ernest Minvielle, fut commandé par Jules Honoré Sécrestat, industriel et créateur de boissons. Ce bâtiment viticole, conçu pour produire et conserver du vin, incarne le style fonctionnel de Minvielle, marqué par des cuviers centraux et des innovations techniques (rails, plaque tournante, étuveuse à vapeur). Son architecture, inspirée des chais médocains, en fait un modèle de modernité pour l’époque.
Jules Honoré Sécrestat (1822–1905), natif du Périgord, fit fortune à Bordeaux avec des boissons comme le Bitter Sécrestat (premier apéritif à la gentiane) et le Toni Kola. En 1875, il acquiert le château de Lardimalie et y plante 36 hectares de vignes, choisissant des cépages locaux (merlot, malbec, sauvignon). À 80 ans, il fait construire deux chais (rouge et blanc), mais meurt peu après leur achèvement en 1905.
Transmis sur cinq générations, le chai cessa son activité viticole en 1967, faute de compétitivité face aux vignobles bordelais ou bergeracois. Transformé en musée en 2009 par la famille Mullenheim, il expose outils, archives et objets du quotidien, illustrant la vie rurale et l’industrie vinicole du XIXe au XXe siècle. Classé monument historique en 2010, il obtient en 2012 le label Tourisme & Handicap et rejoint en 2015 le réseau Dordogne en famille. Depuis 2021, sa gestion est assurée par l’office de tourisme du Grand Périgueux.
Le musée met en valeur le patrimoine technique (11 cuves en chêne d’origine, fouloir égrappoir) et social (lettres, photographies) de la région. Il évoque aussi l’essor de la publicité industrielle au début du XXe siècle, à travers les créations de J.H. Sécrestat. Les archives familiales, plans cadastraux et documents municipaux complètent les sources exposées.
L’architecture du chai, avec ses deux niveaux et son agencement quasi industriel, reflète l’influence de Minvielle, connu pour ses réalisations dans le Médoc (comme à Cantenac Brown). L’extérieur et le cuvier, inscrits en 2010, témoignent de cette héritage, tandis que l’intérieur conserve des aménagements originaux (eau courante, chariots roulants) conçus pour optimiser la production.