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Frise chronologique
1915
Combats majeurs
Combats majeurs
1915 (≈ 1915)
Batailles en janvier, mars, avril et décembre.
2 février 1921
Classement historique
Classement historique
2 février 1921 (≈ 1921)
Protection des vestiges et du champ.
3 août 2014
Cérémonie franco-allemande
Cérémonie franco-allemande
3 août 2014 (≈ 2014)
Hollande et Gauck commémorent le centenaire.
10 novembre 2017
Inauguration de l'historial
Inauguration de l'historial
10 novembre 2017 (≈ 2017)
Macron et Steinmeier ouvrent le musée binational.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Parcelles forestières comprenant les abris les plus intéressants du camp Hoche (cad. 10 19) : classement par arrêté du 16 avril 1924
Personnages clés
| Marcel Serret - Général français |
Tué lors des combats en 1915. |
| Joseph Ferdinand Belmont - Capitaine français |
Victime des affrontements au sommet. |
| Antoine Bourdelle - Sculpteur |
Auteur des statues du monument national. |
| François Flameng - Peintre officiel des armées |
A immortalisé les combats en dessins. |
Origine et histoire
Le Hartmannswillerkopf, rebaptisé Vieil-Armand après 1918, est un sommet vosgien culminant à 957 mètres, situé à la frontière entre les communes de Hartmannswiller, Wuenheim, Wattwiller et Soultz-Haut-Rhin. Ce lieu fut un enjeu stratégique majeur durant la Première Guerre mondiale, en raison de sa position dominante sur la plaine d'Alsace, entre Thann et Cernay, où passait la ligne de front séparant les zones française et allemande. Les combats, particulièrement intenses en 1915 (janvier, mars, avril, décembre), firent près de 25 000 morts, majoritairement français, valant au site les surnoms de « Mangeur d’hommes » ou « Montagne de la Mort ».
Le monument national, érigé au col du Silberloch, comprend une crypte-ossuaire et un cimetière militaire de 1,67 ha abritant 1 256 tombes individuelles et 6 ossuaires collectifs. Conçu par le sculpteur Antoine Bourdelle, il fait partie des quatre mémoriaux nationaux dédiés à la Grande Guerre, aux côtés de Douaumont ou Notre-Dame-de-Lorette. Le champ de bataille, classé en 1921, conserve 45 km de tranchées, des abris bétonnés et des vestiges illustrant l’asymétrie des fortifications : côté allemand, le béton armé domine, tandis que les ouvrages français, provisoires, reflètent une logique offensive.
Le site est aussi un symbole de réconciliation franco-allemande. En 2014, les présidents François Hollande et Joachim Gauck y ont commémoré ensemble le centenaire de la guerre, marquant la première cérémonie officielle binationale sur ce lieu. Un historial franco-allemand, inauguré en 2017 par Emmanuel Macron et Frank-Walter Steinmeier, y présente désormais les événements clés. La topographie du Vieil-Armand, offrant une vue sur la plaine rhénane, la Forêt-Noire et parfois les Alpes suisses, en fait un point de mémoire autant que géostratégique.
Le nom « Vieil-Armand » provient d’une déformation phonétique par les Poilus du terme alsacien Hartmannswillerkopf (« tête de Hartmannswiller »), interprété comme « vieille ville d’Armand ». Ce sommet, où les lignes ennemies n’étaient distantes que de 22 mètres, fut le théâtre d’une guerre de position extrême, avec des duels d’artillerie constants et un silence imposé pour éviter d’être repéré. Les vestiges, comme la croix sommitale de 20 mètres ou le monument du 152e Régiment d’Infanterie (surnommé « diables rouges »), rappellent l’intensité des affrontements.
Classé au titre des monuments historiques dès 1921, le site a bénéficié de rénovations pour le centenaire, incluant des diagnostics géologiques pour sécuriser les souterrains. Les artistes, comme le peintre François Flameng, ont immortalisé ces combats, tandis que le cinéma (ex. : Jules et Jim de Truffaut) ou des documentaires (HWK, la mangeuse d’hommes) ont contribué à sa notoriété. Aujourd’hui, des sentiers permettent de parcourir ce lieu de mémoire, où la nature et l’histoire se mêlent pour évoquer la brutalité de la guerre et la fragilité de la paix.