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Abbaye de Champagne à Rouez dans la Sarthe

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Sarthe

Abbaye de Champagne

    L'Abbaye de Champagne
    72140 Rouez
Propriété privée
Abbaye de Champagne
Abbaye de Champagne
Abbaye de Champagne
Crédit photo : Louis Boudan (fl. 1687–1709) Descriptiondessinateu - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1188
Fondation de l’abbaye
XIIIe siècle
Reconstruction de l’église abbatiale
XVIe siècle
Passage en commende
1791
Vente comme bien national
1932
Inscription aux monuments historiques
1981
Début des restaurations
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'aile occidentale, ainsi que les boiseries de l'étage, la porte d'entrée et les deux pavillons XVIIIe siècle : inscription par arrêté du 4 octobre 1932

Personnages clés

Foulques Riboul - Seigneur d’Assé et fondateur Initiateur de l’abbaye en 1188.
Geoffroy Freslon - Évêque du Mans Consacre l’église en 1261.
Guy de Lavardin-Beaumanoir - Membre de la famille Beaumanoir Enterré dans l’abbaye avec son épouse.
Cardinal de Retz - Abbé commendataire Nommé par le roi au XVIIe siècle.
Famille Luzu - Propriétaire depuis 1899 Restaure l’abbaye à partir de 1981.

Origine et histoire

L’abbaye de Champagne est une ancienne abbaye cistercienne fondée en 1188 par Foulques Riboul, seigneur d’Assé, avec l’aide de moines issus de l’abbaye de Savigny. Le site, isolé et arrosé par deux ruisseaux, offrait des conditions idéales pour une communauté bernardine, avec des étangs, un moulin et une source captée pour l’eau potable. L’abbaye adopte les armoiries de son fondateur et se développe rapidement sous la protection des seigneurs locaux, accumulant des biens dans une cinquantaine de paroisses du Maine à la fin du XIIIe siècle.

Au XIIIe siècle, l’église abbatiale, endommagée par les troupes de Philippe Auguste, est reconstruite et consacrée en 1261 par l’évêque du Mans, Geoffroy Freslon. L’abbaye devient aussi une nécropole pour les familles bienfaitrices, comme les Beaumanoir, dont Guy de Lavardin-Beaumanoir et son épouse Jeanne d’Estouteville y sont enterrés. Cette période marque l’apogée de sa prospérité, soutenue par des dons et des protections seigneuriales.

Dès le XIVe siècle, l’abbaye entre en déclin, avec un domaine qui se réduit progressivement. Au XVIe siècle, elle passe sous le régime de la commende, où les abbés, souvent des nobles nommés par le roi, ne sont plus des religieux. Parmi eux figurent le cardinal de Retz et des membres de la famille de Gondi. Au XVIIe siècle, malgré une tentative de réforme avec l’adoption de « l’étroite observance » trappiste, le déclin se poursuit, et les convers disparaissent.

À la Révolution, l’abbaye, réduite à huit moines et un abbé, est vendue comme bien national en 1791. Tous ses bâtiments sont détruits, sauf l’aile ouest et sud, transformée en exploitation agricole. Ces vestiges incluent le cellier, les cuisines et la salle des convers. En 1899, la famille Luzu acquiert les lieux et entreprend, à partir de 1981, une restauration financée par une activité de ferme-auberge.

L’aile occidentale, la porte d’entrée et les pavillons du XVIIIe siècle sont inscrits aux monuments historiques en 1932. Aujourd’hui, l’abbaye, toujours propriété de la famille Luzu, témoigne de son histoire médiévale et de ses transformations post-révolutionnaires, mêlant patrimoine religieux et usage agricole moderne.

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