Frise chronologique
1240
Fondation par Henri II d'Avaugour
Fondation par Henri II d'Avaugour
1240 (≈ 1240)
Retour de croisade et construction initiale
XVe siècle
Agrandissement et fresques
Agrandissement et fresques
XVe siècle (≈ 1550)
Ajout de trois travées et danse macabre
1702
Construction de la flèche
Construction de la flèche
1702 (≈ 1702)
Tour ouest coiffée d’ardoises
1720–1721
Reconstruction du chœur
Reconstruction du chœur
1720–1721 (≈ 1721)
Modification majeure de l’espace liturgique
6 juillet 1907
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
6 juillet 1907 (≈ 1907)
Protection officielle de l’édifice
1909
Publication d’une étude sur la danse macabre
Publication d’une étude sur la danse macabre
1909 (≈ 1909)
Ouvrage de Lucien Bégule sur les fresques
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle de Kermaria-an'Isquit (cad. YM 23, 24) : classement par arrêté du 6 juillet 1907
Personnages clés
| Henri II d'Avaugour - Fondateur présumé |
Croisade en Terre sainte en 1240 |
| Marquis de Lézobré - Géant légendaire |
Enterré dans la chapelle, invocateur de la Vierge |
| Famille Taillart - Propriétaires au XVIIIe siècle |
Enfeu dans le transept sud |
| Charles de Taillart - Redécouvreur de la danse macabre |
Restauration des fresques en 1856 |
Origine et histoire
La chapelle de Kermaria an Iskuit, située dans le hameau de Kermaria à Plouha (Côtes-d'Armor), est un édifice religieux datant principalement des XIIIe et XVe siècles. Son nom breton signifie « le village de Marie qui sauvegarde », évoquant son rôle protecteur. Fondée vers 1240 par Henri II d'Avaugour, un croisé revenu de Terre sainte, elle fut agrandie aux XVe et XVIe siècles, puis remaniée au XVIIIe. Classée Monument Historique en 1907, elle se distingue par son architecture hybride, mêlant styles gothique et Renaissance.
Le porche sud, élément le plus remarquable, servait de tribunal seigneurial au XVIe siècle. Sa galerie Renaissance, surmontant une baie ogivale, abritait les statues des douze apôtres et une Vierge polychrome. À l’étage, la « secrétairerie » permettait aux seigneurs de la Noë-Verte (comme le marquis de Lézobré, géant légendaire enterré dans la chapelle) de rendre justice. Les gargouilles du XVIe siècle et les fresques murales, dont une Danse macabre (1488–1501) de 47 figures, en font un joyau artistique breton.
La nef, divisée en sept travées, illustre l’évolution architecturale : les quatre premières (XIIIe siècle) reposent sur des piliers cylindriques, tandis que les trois suivantes (XVe siècle) s’élèvent sur des colonnes octogonales. Le chœur, reconstruit entre 1720 et 1721, abrite une sacristie prolongée par un maître-autel à retable. La chapelle privative, au sud, forme un transept incomplet. La tour ouest, coiffée d’une flèche en ardoise datée de 1702, domine l’ensemble.
La Danse macabre de Kermaria, redécouverte en 1856 après avoir été cachée sous un badigeon au XVIIIe siècle, est l’une des deux seules conservées en Bretagne. Peinte dans des tons clairs sur fond ocre, elle représente une farandole de squelettes et de vivants, accompagnée de sentences morales aujourd’hui partiellement perdues. Une autre fresque, le Dit des trois morts et des trois vifs (bas-côté nord), complète cet ensemble macabre médiéval, témoignant de la préoccupation de l’époque pour la mort et le salut.
La chapelle est aussi liée à des légendes locales, comme celle du marquis de Lézobré, géant invincible après s’être baigné dans une fontaine sainte. Son tombeau, découvert à la fin du XIXe siècle, contenait son crâne dans une châsse. En 1747, le site passa des seigneurs de La Feillée à la famille Taillart, dont un membre repose dans un enfeu du transept sud. Au XXe siècle, la fresque inspira Ridley Scott pour son film Kingdom of Heaven (2005).