Origine et histoire de la Chapelle de l'ermitage de Franchard
La chapelle de l'ermitage de Franchard, initialement dédiée à saint Alexis de Rome puis à la Vierge, trouve ses origines au XIe siècle avec la présence attestée d’ermites. Au XIIe siècle, l’assassinat de deux ermites (vers 1180 et entre 1180-1194) marque son histoire avant que Guillaume, chanoine d’Orléans, n’y fonde un monastère vers 1194. Sous Philippe Auguste (1197), le site devient un prieuré trinitaire dépendant de l’abbaye Saint-Euverte d’Orléans, avec deux religieux chargés de prier pour le roi.
Au XIIIe siècle, le prieuré s’organise autour d’une chapelle, d’un bâtiment conventuel et d’une fontaine, avant d’être détruit pendant la guerre de Cent Ans (1354). Reconstruit au XVe siècle, il tombe en ruines et devient, aux XVIIe et XVIIIe siècles, un repaire de brigands après le départ des moines. En 1676, Louis XIV cède les ruines aux Mathurins de Fontainebleau, qui y célèbrent une messe annuelle à la Pentecôte, attirant pèlerins et visiteurs malgré son isolement dangereux.
Le site est définitivement abandonné après un arrêt du Conseil de la Régence en 1717 ordonnant sa démolition, suite à des meurtres répétés. Il ne subsiste aujourd’hui qu’un pan de mur, inscrit aux monuments historiques en 1926. La fontaine des Ermites, réputée pour ses vertus curatives, et la maison forestière construite au XVIIIe siècle rappellent son passé. Des écrivains comme Flaubert, George Sand ou Musset ont immortalisé ce lieu mystérieux dans leurs œuvres.
L’architecture initiale comprenait une chapelle, un couvent et une enceinte, centrés autour de la fontaine des Ermites, décrite dès 1169 pour ses eaux roussâtres aux prétendus pouvoirs guérisseurs. Le prieuré, lié à l’ordre des Trinitaires, illustre la vie anachorétique médiévale, entre spiritualité et insécurité, avant de sombrer dans l’oubli après des siècles de déclin et de violences.
Parmi les personnages marquants, Guillaume (prieur vers 1194-1200) et Adèle de Champagne (mère de Philippe Auguste) ont marqué son histoire. Le peintre Auguste Garondel y fut assassiné en 1626, tandis que la duchesse de Montpensier évoqua en 1661 une promenade royale suivie d’un incendie dans les gorges de Franchard. Ces récits contribuent à la légende noire du site, entre mysticisme et banditisme.