Frise chronologique
Entre 975 et 1020
Construction de l'édifice
Construction de l'édifice
Entre 975 et 1020 (≈ 1020)
Datation par carbone 14 et comparaisons architecturales.
1422
Première mention écrite
Première mention écrite
1422 (≈ 1422)
Testament de Jeanne Ouvrouin évoquant une « chapelle du Saint-Sépulcre ».
1549
Mention des offrandes
Mention des offrandes
1549 (≈ 1549)
Texte décrivant le partage des dons entre la prieure d’Avénière et les seigneurs.
9 janvier 1926
Classement monument historique
Classement monument historique
9 janvier 1926 (≈ 1926)
Inscription par arrêté ministériel.
1988
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1988 (≈ 1988)
Confirmation de l’occupation mérovingienne et précisions architecturales.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle de la Cassine : inscription par arrêté du 9 janvier 1926
Personnages clés
| Jeanne Ouvrouin - Châtelaine de Poligné |
Mentionne la chapelle dans son testament (1422). |
| A.L. David - Archéologue |
Première étude du site en 1861. |
| L. Garnier - Archéologue |
Fouilles vers 1878, plan et sépultures mérovingiennes. |
Origine et histoire
La chapelle de la Cassine, située à Bonchamp-lès-Laval dans les Pays de la Loire, est un vestige du premier âge roman, daté entre la fin du Xe siècle et le début du XIe siècle. Cet édifice, d’une taille remarquable pour l’époque (30 mètres de long sur 16 de large), se distingue par son architecture complexe : une nef à trois vaisseaux, un transept peu saillant, et un chevet tréflé avec cinq absidioles atteignant la hauteur de la nef. Son isolement géographique, à 3 km au sud du bourg et loin des habitations, ainsi que l’absence de sources écrites anciennes, en font un monument énigmatique. Les fouilles archéologiques ont révélé des sépultures mérovingiennes antérieures à sa construction, suggérant une occupation ancienne du site.
La première mention écrite de la Cassine apparaît en 1422 dans le testament de Jeanne Ouvrouin, châtelaine de Poligné, qui la qualifie de « chapelle du Saint-Sépulcre » et y lègue des fonds pour sa réparation. Un texte de 1549 évoque son rattachement partiel à la prieure d’Avénière (dépendante de l’abbaye du Ronceray d’Angers) et aux seigneurs locaux, tandis qu’en 1660, elle appartient au domaine de Poligné. Son abandon précoce, l’absence de développement urbain autour, et la rareté des archives écrites soulignent l’échec de ce projet architectural ambitieux. Les spécialistes modernes la considèrent comme une église plutôt qu’une chapelle, en raison de ses dimensions et de ses caractéristiques exceptionnelles pour l’époque.
L’édifice présente des éléments architecturaux rares, comme un portail orné de motifs réticulés en calcaire blanc et grès roussard, des fenêtres en plein cintre haut placées, et des contreforts encadrant les entrées. La nef, partiellement effondrée, laisse deviner une couverture en charpente, tandis que les absidioles et le chœur conservent des traces de leur hauteur d’origine (plus de 10 mètres). Classée monument historique en 1926, la chapelle est aujourd’hui une ruine située dans une propriété privée, accessible depuis la D21, ancienne voie médiévale. Son nom, Cassine, pourrait dériver du vieux français casse (petite maison), bien que sa fonction exacte — église paroissiale avortée, chapelle funéraire, ou lieu de pèlerinage — reste incertaine.
Les études archéologiques, menées dès 1861 par A.L. David et L. Garnier, puis en 1988, ont confirmé l’occupation mérovingienne du site et précisé son architecture. Les comparaisons avec d’autres édifices romans, comme l’église du Lion-d’Angers, et les datations au carbone 14 placent sa construction entre 975 et 1020. Malgré son état de ruine, la Cassine témoigne d’un projet religieux majeur, peut-être lié à une seigneurie locale ou à une fondation monastique, dont l’histoire reste à éclaircir.