Origine et histoire de la Chapelle de la Clarté
La chapelle de la Clarté, située place Le Sciellour à Baud (Morbihan), est un monument emblématique des XVe, XVIe et XVIIe siècles. Son architecture mêle des éléments gothiques, comme le chevet polygonal à trois pans dit chevet Beaumanoir, et des détails classiques, notamment les balustres et gargouilles de la tour, ajoutés au XVIIe siècle. À l’origine, elle jouxtait l’église paroissiale Saint-Pierre, détruite en 1922, et servait de transept. Son chevet, conçu pour maximiser la lumière, rappelle celui de Notre-Dame de Paradis à Hennebont, suggérant une possible origine commune des ateliers.
En 1925, la chapelle est inscrite aux Monuments Historiques pour sa valeur patrimoniale. Après la destruction de l’église Saint-Pierre, l’architecte Caubert de Cléry (Vannes) décide en 1927 de l’intégrer à une nouvelle nef néo-gothique, inversant son orientation : le chœur se retrouve au sud. La voûte lambrissée de 1625, ornée de sablières sculptées, est alors rabaissée de deux mètres pour s’harmoniser avec la nouvelle structure. La tour carrée, foudroyée à deux reprises, est reconstruite la même année. Ces transformations lui donnent son aspect composite actuel, où se superposent les styles.
La chapelle illustre aussi l’évolution des pratiques religieuses locales. Initialement dédiée à Notre-Dame de la Clarté, elle devient l’église paroissiale Saint-Pierre après 1927. Son plan massé, avec bas-côtés et transept non saillant, reflète les besoins liturgiques de l’époque médiévale et moderne. Les baies en arc brisé, typiques du gothique breton, contrastent avec la flèche polygonale moderne. Aujourd’hui, le monument, propriété de la commune, témoigne de cette histoire architecturale et spirituelle complexe.
Parmi les détails remarquables, la sacristie voisine de l’ancienne façade ouest fait écho à la tour quadrangulaire, épaulée de contreforts et couronnée d’une balustrade. Une tourelle d’escalier, coiffée d’un dôme, complète cet ensemble en granite. Les trois pignons du chevet, soulignés de moulures en larmier, rappellent les innovations des ateliers bretons du XVIe siècle, cherchant à allier fonctionnalité (éclairage) et esthétique. Ces caractéristiques en font un exemple rare de chevet Beaumanoir dans la région.