Frise chronologique
1543
Siège de Nice
Siège de Nice
1543 (≈ 1543)
Construction de Notre-Dame du Sincaïre après l’attaque franco-turque.
1782–1784
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1782–1784 (≈ 1783)
Œuvre d’Antoine Spinelli et André Laurenti sur la place Garibaldi.
1841
Ajout du balcon royal
Ajout du balcon royal
1841 (≈ 1841)
Commandé par les ducs de Savoie pour leurs visites.
19 mai 2000
Classement monument historique
Classement monument historique
19 mai 2000 (≈ 2000)
Protection officielle de l’édifice et de son accès.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle, y compris son accès au rez-de-chaussée (cad. KP 76) : classement par arrêté du 19 mai 2000
Personnages clés
| Antoine Spinelli - Architecte |
Concepteur de la chapelle et de la place Garibaldi. |
| André Laurenti - Entrepreneur |
Responsable de la construction entre 1782 et 1784. |
| Victor-Emmanuel - Duc de Savoie |
Commanditaire du balcon royal en 1841. |
| Emmanuel Costa - Peintre niçois |
Auteur des fresques des coupoles au XIXe siècle. |
| Louis van Loo - Peintre |
Auteur du tableau *L’Assomption de Marie* (début XVIIIe). |
Origine et histoire
La chapelle du Saint-Sépulcre, aussi appelée chapelle des Pénitents bleus, a été construite entre 1782 et 1784 par l’architecte Antoine Spinelli et l’entrepreneur André Laurenti sur la place Garibaldi (alors place Vittoria) à Nice. Elle s’inscrit dans un projet urbain inspiré des aménagements piémontais contemporains, visant à créer un espace solennel marquant l’entrée de la ville. L’édifice remplace une ancienne chapelle, Notre-Dame du Sincaïre, érigée après le siège de Nice en 1543 pour commémorer la protection divine lors de l’attaque franco-turque. La nouvelle chapelle, de style néoclassique et baroque tardif, intègre des vestiges de l’ancienne, comme des pierres de taille et des boulets de canon turcs accrochés en façade.
La façade, structurée en trois registres, mêle des éléments symboliques et historiques. Le balcon en calcaire blanc, ajouté en 1841 sur commande des ducs de Savoie, servait de tribune royale lors de leurs visites. Il arbore leur couronne et le chiffre de Victor-Emmanuel, rappelant leur rôle de prieurs d’honneur de la confrérie. Les trois baies vitrées, encadrées de pilastres corinthiens, surmontent un fronton triangulaire autrefois orné d’une dédicace à Notre-Dame-de-l’Assomption et d’une croix du Saint-Sépulcre, aujourd’hui effacées. À l’intérieur, la chapelle conserve des œuvres majeures, comme un gisant articulé du XVIIe siècle pour les processions de la Semaine sainte, et des tableaux de Louis van Loo (début XVIIIe siècle), dont une Assomption de Marie.
L’intérieur, organisé en trois travées, reflète les fonctions civiques et religieuses de l’édifice. La première travée abritait une loge municipale jusqu’en 1860, où les consuls de Nice recevaient les doléances de la population chaque 15 août. Les murs latéraux exposent des éléments lapidaires originaux, comme une aumônière en marbre du XVIe siècle symbolisant le Christ des douleurs. La deuxième travée accueille deux autels dédiés à saint Sébastien (statue en bois du XVe siècle) et à Notre-Dame de l’Assomption, remplaçant les chapelles détruites pour construire la place. La bannière de la confrérie lie son histoire à la croisade d’Amédée VI de Savoie contre les Turcs (1366–1367).
Classée monument historique en 2000, la chapelle illustre le double héritage niçois : un lieu de culte actif pour l’Archiconfrérie des Pénitents Bleus, fondée au XVe siècle, et un symbole de l’identité urbaine, mêlant mémoire des sièges ottomans, dévotion mariale et influence savoyarde. Son clocher triangulaire, typique des confréries de pénitents, et ses coupoles peintes au XIXe siècle par Emmanuel Costa (représentant la Croix glorieuse et l’Assomption) achèvent de faire de ce monument un témoignage unique de l’histoire religieuse et politique de Nice avant son rattachement à la France.