Frise chronologique
Xe siècle
Donation initiale
Donation initiale
Xe siècle (≈ 1050)
Exmido offre la chapelle à Montmajour.
998, 1097, 1102
Confirmations pontificales
Confirmations pontificales
998, 1097, 1102 (≈ 1102)
Donation validée par trois papes.
1447
Mention synodale
Mention synodale
1447 (≈ 1447)
Église convoquée par l’évêché de Carpentras.
1502
Union à la cathédrale
Union à la cathédrale
1502 (≈ 1502)
Bulle d’Alexandre VI pour Saint-Siffrein.
18 août 1947
Classement MH
Classement MH
18 août 1947 (≈ 1947)
Protection au titre des monuments historiques.
1860 et 1953
Restaurations majeures
Restaurations majeures
1860 et 1953 (≈ 1953)
Travaux de conservation du prieuré.
1971
Réouverture au culte
Réouverture au culte
1971 (≈ 1971)
Retour des offices religieux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle de la Madeleine : classement par arrêté du 18 août 1947
Personnages clés
| Exmido - Seigneur de Bédoin (Xe siècle) |
Donateur initial à l’abbaye de Montmajour. |
| Grégoire V - Pape (998) |
Confirme la donation du prieuré. |
| Urbain II - Pape (1097) |
Valide à nouveau la propriété bénédictine. |
| Pascal II - Pape (1102) |
Dernière confirmation médiévale connue. |
| Alexandre VI - Pape (1502) |
Unit le prieuré à Carpentras. |
| Barthélemi Vitelleschi - Évêque de Carpentras (1447) |
Convoque Saint-Pierre au synode. |
Origine et histoire
La chapelle de la Madeleine, située à Bédoin dans le Vaucluse, est l’un des plus anciens exemples d’architecture romane provençale. Cet édifice, initialement un prieuré bénédictin du XIe siècle (attesté dès le deuxième quart), fut d’abord dédié à Saint-Pierre de Monestrol avant d’être associé à Marie de Magdala au XVIe siècle. Son origine remonte à une donation d’Exmido, seigneur de Bédoin, au Xe siècle, qui offrit la villa et les églises de son fief, dont cette chapelle, à l’abbaye de Montmajour (fondée en 949). Cette donation fut confirmée par les papes Grégoire V (998), Urbain II (1097) et Pascal II (1102), marquant son importance religieuse médiévale.
Au Moyen Âge, le prieuré, alors nommé Saint-Pierre de Monestrol, fut mentionné en 1447 lors d’un synode de l’évêché de Carpentras, sans prieur désigné. En 1502, le pape Alexandre VI l’unit à la cathédrale Saint-Siffrein de Carpentras, le plaçant définitivement sous le vocable de Marie-Madeleine. L’édifice, restauré en 1860 puis en 1953, fut rouvert au culte en 1971 et classé monument historique en 1947.
D’un point de vue architectural, la chapelle se distingue par son plan carré roman, avec une nef voûtée, un chevet à trois absides semi-circulaires (absidioles latérales), et un clocher carré du XIIe siècle surplombant le chevet. Ce dernier, orné de baies géminées et couvert de lauzes, illustre une disposition rare en Provence. Construite en moellons irréguliers, la chapelle conserve un portail latéral et des piliers soutenant la voûte, typiques du premier art roman méridional.
La chapelle est aujourd’hui située dans une propriété privée, en contrebas de la route départementale vers Malaucène, à 3 km de Bédoin. Ouverte aux visiteurs les samedis et dimanches, elle témoigne de près d’un millénaire d’histoire religieuse et architecturale, depuis son origine bénédictine jusqu’à sa protection patrimoniale moderne.