Frise chronologique
1129
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
1129 (≈ 1129)
Rattaché à l’abbaye de Marmoutier.
1343
Trêve de Malestroit
Trêve de Malestroit
1343 (≈ 1343)
Signée entre France et Angleterre.
fin XVIIe siècle
Début de la dégradation
Début de la dégradation
fin XVIIe siècle (≈ 1795)
Abandon progressif du site.
4 janvier 1795
Affrontement Chouans-Républicains
Affrontement Chouans-Républicains
4 janvier 1795 (≈ 1795)
Combat durant les guerres de Vendée.
1870
Désaffectation
Désaffectation
1870 (≈ 1870)
Fin de l’usage religieux.
1880
Incendie destructeur
Incendie destructeur
1880 (≈ 1880)
Vitraux sauvés *in extremis*.
1889
Vente des vitraux à Zola
Vente des vitraux à Zola
1889 (≈ 1889)
Acquis pour son cabinet.
20 décembre 1934
Classement monument historique
Classement monument historique
20 décembre 1934 (≈ 1934)
Inscription des ruines.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
23 janvier 2026
Effondrement du clocher
Effondrement du clocher
23 janvier 2026 (≈ 2026)
Dû aux intempéries.
Patrimoine classé
Chapelle de la Madeleine (ruines) (cad. AN 220) : inscription par arrêté du 20 décembre 1934
Personnages clés
| Philippe VI de Valois - Roi de France |
Signataire de la trêve en 1343. |
| Édouard III d'Angleterre - Roi d’Angleterre |
Signataire de la trêve en 1343. |
| Émile Zola - Écrivain français |
Acheteur des vitraux en 1889. |
| William Randolph Hearst - Magnat de la presse américaine |
Acquiert les vitraux en 1903. |
| Alexandre Bloch - Peintre |
Auteur d’une toile sur l’affrontement de 1795. |
Origine et histoire
La chapelle de la Madeleine de Malestroit, située dans le Morbihan, est à l’origine une léproserie fondée au XIIe siècle, devenue prieuré de l’abbaye de Marmoutier en 1129. Son architecture romane, marquée par un pignon fortifié et un clocher-mur parmi les plus anciens du département, est agrandie au XVe siècle par une nef sud. Le site joue un rôle historique majeur en 1343, lorsque les représentants de Philippe VI de Valois et d’Édouard III d’Angleterre y signent la trêve de Malestroit, un épisode clé de la guerre de Cent Ans.
À partir du XVIIe siècle, la chapelle se dégrade progressivement. En 1795, elle est le théâtre d’un affrontement violent entre soldats républicains et Chouans, immortalisé par une peinture d’Alexandre Bloch. Désaffectée en 1870, elle subit un incendie en 1880 qui accélère sa ruine. Ses vitraux des XVe et XVIIe siècles, représentant sainte Marie Madeleine, sont sauvés in extremis par le maire, puis vendus à Émile Zola en 1889 avant d’être acquis par William Randolph Hearst en 1903. Ils ornent aujourd’hui la chapelle de la Saint David’s School, après un don en 1958.
Classée monument historique en 1934, la chapelle conserve des éléments remarquables comme son pignon roman aux contreforts jointifs, son abside ronde en partie démolie, et des sculptures médiévales exposées dans la nef arasée. Le clocher, symbole de son passé fortifié, s’effondre en janvier 2026 sous l’effet des intempéries. Les ruines, propriété de la commune, témoignent à la fois de son héritage religieux, militaire et artistique, lié aux conflits bretons et aux aléas de la préservation patrimoniale.
Architecturalement, le site combine des traits défensifs (porte en arc brisé, mâchicoulis) et religieux (fenêtres ogivales, blason du XVIIe ou XVIIIe siècle). Son histoire reflète les mutations de Malestroit, de la léproserie médiévale aux luttes révolutionnaires, en passant par son rôle diplomatique. Les vitraux, dispersés aux États-Unis, illustrent la mobilité des œuvres d’art et les enjeux de leur conservation transnationale.