Première mention écrite vers 1110 (≈ 1110)
Église Sainte-Marie-Madeleine citée parmi les biens de la collégiale.
fin XIIe - début XIIIe siècle
Construction de la chapelle actuelle
Construction de la chapelle actuelle fin XIIe - début XIIIe siècle (≈ 1325)
Édifice rectangulaire bâti sur un cimetière préexistant.
XIVe siècle
Réalisation des peintures
Réalisation des peintures XIVe siècle (≈ 1450)
Décor de la rotonde et fresques intérieures.
XVIe siècle
Culte protestant et modifications
Culte protestant et modifications XVIe siècle (≈ 1650)
Chapelle utilisée par les protestants ; aménagements de la rotonde.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national 1791 (≈ 1791)
Aliénation lors de la Révolution française.
12 juillet 1965
Protection au titre des monuments historiques
Protection au titre des monuments historiques 12 juillet 1965 (≈ 1965)
Inscription officielle par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle de la Madeleine (cad. C 948) : inscription par arrêté du 12 juillet 1965
Personnages clés
Léo Drouyn - Architecte et historien
Identifia en 1859 les vestiges de la première chapelle.
Saint Jacques - Figure peinte dans la rotonde
Représenté en guide des défunts vers la Jérusalem céleste.
Origine et histoire
La chapelle de la Madeleine, située à Saint-Émilion en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice religieux rectangulaire de 10 mètres de long sur 4 de large, construit à la fin du XIIe ou au XIIIe siècle. Elle se dresse sur une éminence calcaire au sud du bourg médiéval, dans l’enceinte du domaine viticole du château Ausone. Son emplacement, en bordure d’un plateau dominant la vallée, a été partiellement érodé par l’exploitation de carrières de pierre, faisant reculer l’escarpement rocheux jusqu’à son chevet. La chapelle actuelle, de dimensions modestes, a été érigée sur un cimetière préexistant, ses maçonneries chevauchant certaines sépultures médiévales.
La chapelle remplace un premier édifice, identifié en 1859 par Léo Drouyn, dont il ne subsistait alors que cinq bases de colonnes romanes engagées dans un mur. Ce bâtiment antérieur, long de 21 mètres (dont 13 pour la nef), possédait une abside polygonale à neuf pans et une chapelle axiale carrée, typique des églises girondines du XIIe siècle. Une sépulture médiévale à logette céphalique, taillée dans le rocher, était adossée à l’extérieur du chevet. Cet édifice disparut partiellement avant 2006 en raison de l’exploitation du rocher et de constructions ultérieures. Il pourrait correspondre à une église Sainte-Marie-Madeleine mentionnée dès 1110 parmi les possessions de la collégiale de Saint-Émilion.
La chapelle actuelle, attribuée à la fin du XIIe siècle, conserve une décoration peinte du XIVe siècle en relativement bon état : un faux appareil et des frises végétales ou géométriques ornent ses murs. Sous son chevet, une rotonde souterraine, partiellement effondrée, abrite un exceptionnel décor peint du XIVe siècle représentant le Jugement dernier. Ce programme iconographique, divisé en deux parties par un arbre rouge, oppose la Jérusalem céleste (à droite) et la damnation des âmes (à gauche), avec des élus en robes blanches guidés par des anges vers une cité fortifiée, tandis que des damnés sont entraînés vers la gueule du Léviathan par des diables griffus. Le Couronnement de la Vierge par le Christ, rare pour cette époque, y occupe une place centrale.
La rotonde, creusée dans une cavité naturelle, était à l’origine une salle voûtée en coupole, éclairée par une ouverture zenithale. Au XVIe siècle, son accès fut modifié par la construction de murs en grand appareil, liés à l’ouverture d’une carrière sous la chapelle. Une partie des peintures, endommagée par l’érosion et les aménagements postérieurs, fut repeinte à cette époque. Le style des fresques révèle l’intervention de deux artistes distincts : l’un, habile dans la représentation des corps et des architectures (malgré des perspectives approximatives), s’inspire des miniatures anglaises du XIIIe siècle ; l’autre, moins technique, utilise des couleurs plus abondantes et des proportions moins harmonieuses.
La chapelle, vendue comme bien national en 1791, fut un lieu de culte protestant au XVIe siècle et pourrait avoir servi d’église paroissiale au XIVe siècle. Elle est entourée d’un cimetière médiéval dont subsistent des tombes creusées dans le rocher près du chevet. L’originalité de son décor réside dans la représentation conjointe du triomphe de l’Église (symbolisée par la Vierge couronnée) et de la Jérusalem céleste, une iconographie complexe pour un monument de cette taille. La chapelle est inscrite aux monuments historiques depuis le 12 juillet 1965.
Les peintures de la rotonde, exécutées sur une préparation blanche appliquée sur la roche irrégulière, utilisent des pigments vifs (rouge, jaune d’or, noir) et des traits noirs pour souligner les détails. Parmi les figures remarquables, saint Jacques, représenté en pèlerin près de la porte de la Cité, incarne le guide des défunts vers l’au-delà, évoquant le sacrement de l’extrême-onction. L’absence de saint Pierre, traditionnellement porteur des clés du Paradis, et la place secondaire de saint Michel (généralement associé à la pesée des âmes) distinguent cette composition des représentations classiques du Jugement dernier.
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