Frise chronologique
400-410
Fondation monastique
Fondation monastique
400-410 (≈ 405)
Honorat et Caprais s'installent sur l'île.
1635
Transformation en fortin
Transformation en fortin
1635 (≈ 1635)
Modifications par les troupes espagnoles.
1787
Sécularisation de l'abbaye
Sécularisation de l'abbaye
1787 (≈ 1787)
Transfert à l'évêque de Grasse.
1859
Rachat par Mgr Jordany
Rachat par Mgr Jordany
1859 (≈ 1859)
Restauration de l'abbaye à partir de 1869.
12 juillet 1886
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
12 juillet 1886 (≈ 1886)
Protection officielle de la chapelle.
1930
Restauration moderne
Restauration moderne
1930 (≈ 1930)
Retrait des adjonctions espagnoles.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle de la Trinité : classement par arrêté du 12 juillet 1886
Personnages clés
| Honorat - Fondateur monastique |
Installa une communauté vers 410. |
| Saint Léonce - Évêque de Fréjus |
Autorisa la fondation de 400-410. |
| Eugène Viollet-le-Duc - Architecte |
Considérait la coupole comme la plus ancienne. |
| Abbé Aldebert II - Abbé de Lérins (XIe siècle) |
Possible initiateur de la nef. |
| Mgr Henri Jordany - Évêque de Fréjus (XIXe) |
Racheta l'île en 1859. |
| Henry Belmont Smith - Pasteur anglican |
Propriétaire de l'île avant 1859. |
Origine et histoire
La chapelle de la Trinité fait partie des sept chapelles historiques de l'île Saint-Honorat, autour de l'abbaye de Lérins, dans la baie de Cannes. Elle est célèbre pour sa coupole, que Viollet-le-Duc jugeait la plus ancienne d'Occident. Son architecture, mêlant nef et chœur triconque, suggère deux périodes de construction : la nef pourrait dater du XIe siècle sous l'abbé Aldebert II, tandis que le chœur remonterait aux Ve-VIe siècles. Les fouilles du XIXe siècle ont révélé des fondations d'un ermitage adjacent et des tombes du XVIIe siècle.
L'île fut occupée dès 400-410 par Honorat et Caprais, avec l'accord de l'évêque de Fréjus, saint Léonce. L'abbaye, sécularisée en 1787, fut vendue en 1791 à Jean Alziary de Roquefort, puis passa entre plusieurs mains, dont celle du pasteur anglican Henry Belmont Smith. En 1859, l'évêque de Fréjus, Mgr Jordany, racheta l'île pour 55 000 francs et entreprit des restaurations à partir de 1869. La chapelle, transformée en fortin par les Espagnols en 1635, fut restaurée à partir de 1930 pour retrouver son aspect originel.
Classée Monument Historique en 1886, la chapelle illustre l'architecture religieuse médiévale, avec une coupole elliptique sur pendentifs, inspirée des modèles byzantins comme le mausolée de Galla Placidia à Ravenne. Son plan trapézoïdal et ses arcs-doubleaux en font un témoignage unique de l'art paléochrétien et roman en Provence. Les fouilles ont aussi mis au jour une citerne et un puits d'eau douce, réputé miraculeux, suggérant une occupation monastique précoce.
L'abbaye de Lérins, dont la chapelle dépend, fut un foyer spirituel majeur dès le Ve siècle. Les moines y vécurent jusqu'à la Révolution, période durant laquelle le site fut partiellement abandonné. Au XIXe siècle, les restaurations permirent de préserver ce patrimoine, aujourd'hui accessible aux visiteurs. La chapelle, avec son chœur à trois absides et sa nef voûtée en berceau, reste un exemple rare d'édifice religieux à la croisée des influences antiques et médiévales.