Frise chronologique
899
Première mention écrite
Première mention écrite
899 (≈ 899)
Site appelé *Sant Pere de la Serra*
953
Consécration après reconstruction
Consécration après reconstruction
953 (≈ 953)
Édifice préexistant remanié
961
Transmission à l'église d'Elne
Transmission à l'église d'Elne
961 (≈ 961)
Alleu hérité d’Ava de Cerdagne
XIe-XIIe siècles
Construction de l’édifice actuel
Construction de l’édifice actuel
XIe-XIIe siècles (≈ 1250)
Nef nord et abside romanes
1710
Restauration du Christ roman
Restauration du Christ roman
1710 (≈ 1710)
Ajout d’un reliquaire caché
XVIIe siècle
Changement de vocable
Changement de vocable
XVIIe siècle (≈ 1750)
Dédiée à la Trinité
12 juin 1951
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
12 juin 1951 (≈ 1951)
Protection officielle de l’État
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle de la Trinité : classement par arrêté du 12 juin 1951
Personnages clés
| Estève et Anna - Propriétaires nobles (IXe siècle) |
Possédaient un alleu sur le site |
| Ava de Cerdagne - Veuve du comte Miron II |
Transmit l’alleu à l’église d’Elne |
| Berà - Comte, ancêtre d’Anna |
Lié à la famille propriétaire |
| Jean-Bernard Mathon - Historien de l’art |
Étudia la *Santa Majestat* (Christ) |
Origine et histoire
La chapelle de la Trinité, située au hameau de Belpuig dans les Pyrénées-Orientales, est un édifice roman dont les origines remontent au moins au IXe siècle. Le site, mentionné en 899 sous le nom de Sant Pere de la Serra, abritait déjà une église paroissiale liée à des familles nobles comme celle d’Estève et Anna, petite-fille du comte Berà. L’alleu (propriété libre) associé à ce lieu fut transmis à l’église d’Elne en 961 après la mort d’Ava de Cerdagne, veuve du comte Miron II.
L’édifice actuel, construit principalement aux XIe et XIIe siècles, présente une nef septentrionale du XIe siècle agrandie ultérieurement par un collatéral sud. Son chevet de style roman lombard, orné de bandes et d’arcatures, contraste avec les ajouts baroques des XVIIe et XVIIIe siècles, comme les retables ou la redédication à la Trinité. Classée Monument Historique en 1951, la chapelle a révélé lors de restaurations récentes des peintures murales médiévales et un Christ roman du XIIe siècle, partiellement altéré par des restaurations ultérieures.
Architecturalement, la chapelle se distingue par son abside semi-circulaire à décor lombard, ses deux nefs voûtées en pierre, et une façade méridionale combinant meurtrière, porte à arc brisé, et fenêtres cintrées. Le mobilier inclut des pièces remarquables comme une Vierge assise du XIVe siècle, une croix gothique peinte, et un reliquaire caché dans le Christ roman, daté de 1710. Le site, ancien lieu de pèlerinage, illustre l’évolution des pratiques religieuses et artistiques en Roussillon.
Les sources historiques soulignent son rôle dans le paysage médiéval catalan, entre Conflent et Vallespir, ainsi que son lien avec les seigneurs locaux. Les études récentes (Mathon, Abélanet) ont mis en lumière ses transformations, des origines carolingiennes aux ajouts baroques, en passant par les campagnes romanes. La chapelle reste un témoignage majeur de l’art roman catalan, mêlant influences lombardes et traditions locales.
Extérieurement, la maçonnerie révèle deux phases distinctes : moellons bruts pour la nef primitive, pierre de taille appareillée pour l’abside et la façade sud, cette dernière ornée d’une frise en damier et de motifs symboliques (escargots, têtes sculptées). À l’intérieur, la communication entre les nefs s’effectue par des arcades en plein cintre, tandis que le clocher-mur, typique de la région, couronne la façade occidentale. Ces éléments reflètent une adaptation constante aux besoins liturgiques et communautaires.
Aujourd’hui, la chapelle de la Trinité, propriété communale, attire pour son patrimoine mobilier (retables, statues) et son architecture hybride. Les restaurations ont permis de préserver des traces rares, comme les peintures absidiales ou le Christ roman, tout en soulignant son importance dans le réseau des églises romanes des Pyrénées-Orientales. Son classement et sa localisation en font un point d’intérêt pour l’histoire de l’art et du pèlerinage en Occitanie.