Origine et histoire de la Chapelle de Langroës
La chapelle de Langroës, également connue sous le nom de chapelle de la Vraie Croix, Notre-Dame de Pitié ou chapelle de la Congrégation, est située au bourg d'Erdeven dans le Morbihan. Datant du milieu du XVIe siècle, elle est caractérisée par sa porte sud en anse de panier, ornée d'une accolade Renaissance avec des motifs de choux, des pilastres décorés de cercles et de losanges, et un écu soutenu par deux anges. Cette porte, aujourd'hui murée, a été inscrite aux monuments historiques en 1927 pour son intérêt architectural.
Au début du XIXe siècle, la chapelle a subi une première modification majeure : elle a été « tronçonnée » pour permettre l'élargissement de la voie principale du bourg, perdant ainsi une partie de sa structure originelle. Selon les sources, son chevet plat, épaulé de contreforts à pinacles, a été remplacé par un chevet polygonal lors de remaniements ultérieurs à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle. En 1826, elle a été restaurée et dédiée à Notre-Dame de Pitié, devenant un lieu de réunion pour la Congrégation locale.
L'édifice, construit en pierre de taille avec des calages d'ardoises, présente un plan rectangulaire court et un toit à long pan. Sa façade occidentale, remontée au XIXe siècle, supporte un clocheton. À l'intérieur, subsistent des vestiges comme un bénitier et une crédence tronquée, tandis que son mobilier a en grande partie disparu. Désaffectée aujourd'hui, la chapelle a perdu une partie de son authenticité après une nouvelle modification en 1957, où sa façade ouest a été reculée de 5 mètres.
Les archives mentionnent une frairie (communauté de fidèles) associée à la chapelle en 1683, s'étendant sur le village de Kergehennec. Le plan cadastral de 1811 montre son emplacement initial, presque accolé à l'église paroissiale Saint-Pierre-et-Saint-Paul. Malgré ses transformations, la porte sud reste le seul élément protégé, témoin de son passé Renaissance.
La chapelle illustre les adaptations subies par les édifices religieux bretons aux contraintes urbaines et aux changements liturgiques. Son histoire reflète aussi les pratiques locales, comme la juxtaposition de sanctuaires (ici avec l'église paroissiale), courante en Bretagne. Aujourd’hui propriété d’une association, elle conserve une valeur patrimoniale malgré son état altéré.