Frise chronologique
vers 1130-1135
Fondation et consécration
Fondation et consécration
vers 1130-1135 (≈ 1133)
Création par les Eguisheim-Dabo, consécration en 1135.
1137
Transmission à l’abbaye de Lure
Transmission à l’abbaye de Lure
1137 (≈ 1137)
Intégration dans un prieuré bénédictin.
1485
Restauration gothique
Restauration gothique
1485 (≈ 1485)
Travaux par l’abbé Johann Stor (plaque commémorative).
1558
Rachat par Murbach
Rachat par Murbach
1558 (≈ 1558)
Création d’une chapellenie après la Réforme.
1720
Reconstruction baroque
Reconstruction baroque
1720 (≈ 1720)
Travaux des Jésuites (arc triomphal daté).
18 mars 2014
Classement MH
Classement MH
18 mars 2014 (≈ 2014)
Inscription complète (remplace celle de 1937).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La chapelle en totalité, ainsi que le sol de la parcelle et les vestiges qu'elle contient (cad. 8 14, cf plan annexé à l'arrêté) : inscription par arrêté du 18 mars 2014
Personnages clés
| Famille d’Eguisheim-Dabo - Fondateurs |
Propriétaires du château de Guirbaden, commanditaires initiaux. |
| Comte Bruno Petit - Seigneur local |
Neveu du pape Léon IX, supervise la consécration (1135). |
| Johann Stor - Abbé de Lure |
Commande la restauration de 1485 (plaque signée J.W.). |
| Jésuites de Molsheim - Propriétaires (1616-1763) |
Reconstructeurs baroques (1720) avant leur expulsion. |
Origine et histoire
La chapelle de Laubenheim, aussi appelée Kloesterle, est fondée vers 1130-1135 par la famille d’Eguisheim-Dabo, proche de la papauté. Consacrée en 1135 sous le règne du comte Bruno Petit (neveu du pape Léon IX), elle est dédiée à la Vierge et à cinq saints : Barthélémy, Laurent, Georges, Rémy et Euphémie. Dès 1137, elle est cédée à l’abbaye bénédictine de Lure, qui y établit un prieuré. Ce site religieux, marqué par une plaque de grès datée de 1485 (restauration par l’abbé Johann Stor), devient un lieu de pèlerinage et de marché annuel au XVIe siècle, avant d’être racheté par l’abbaye de Murbach en 1558 puis par l’évêché de Strasbourg en 1616.
Au XVIIe siècle, les Jésuites transforment profondément le site : la chapelle est reconstruite vers 1720 (arc triomphal baroque daté), tout comme le logis prioral et ses dépendances. Un autel baroque dédié à la Vierge et saint Barthélémy y est installé. Après l’expulsion des Jésuites en 1763, la chapellenie revient à l’évêché. La Révolution disperse les biens : la chapelle est rattachée à la paroisse de Mollkirch en 1802, tandis que les bâtiments annexes (grange dîmière, forge) disparaissent aux XIXe-XXe siècles. Seuls subsistent la chapelle, classée monument historique en 2014, et des vestiges archéologiques.
L’architecture actuelle mêle des éléments romans (sud-est), gothiques (chœur, façade ouest) et baroques (décors intérieurs, autel). Le chevet polygonal, atypiquement orienté au nord, et l’arc triomphal de 1720 témoignent des reconstructions successives. Le logis prioral, partiellement en pan de bois, conserve une cave voûtée médiévale. Les fouilles et restaurations (notamment en 1965) ont permis de préserver ce patrimoine, lié à l’histoire religieuse et seigneuriale de l’Alsace, entre influences germaniques et françaises.