Origine et histoire de la Chapelle de Locmaria
La chapelle de Locmaria, située à Nostang dans le Morbihan, est un édifice religieux de plan en Tau, construit principalement au XVe siècle avec des remaniements au XVIIe siècle. Orientée et enduite, elle se distingue par sa façade occidentale à la mise en œuvre régulière, percée d’une porte en arc brisé surmontée d’une croix chanfreinée. À l’intérieur, un mur diaphragme sépare la nef en deux parties désaxées, surmonté d’un clocheton pyramidal. La nef haute, entièrement peinte au XVe siècle, conserve des traces d’une danse macabre et d’une Annonciation, tandis que des vitraux du XVe siècle, partiellement restaurés, ornent le chevet. Une fresque dégradée, représentant trois morts interpellant trois cavaliers, illustre le thème médiéval des Trois Morts et des Trois Vifs, avec des inscriptions moralisatrices encore partiellement lisibles.
Classée monument historique depuis le 29 avril 2005, la chapelle dépendait initialement des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem au XIIe siècle, avant de passer sous la tutelle de l’abbaye Notre-Dame de la Joie au XIIIe siècle. Reconstruite au XVe siècle, elle servit temporairement d’église paroissiale entre 1681 et 1685, lors de la rénovation de l’église de Nostang. Les modifications ultérieures incluent le comblement partiel du transept nord, l’ajout d’une porte, et des campagnes de restauration aux XXe et XXIe siècles (vitraux en 1981, mur méridional en 1992, charpente en 1999, transept nord en 2001). Le bénitier en granit porte deux blasons non identifiés, dont l’un évoque un cerf similaire à celui du manoir de Palivarc’h à Nostang.
Les vitraux du chevet, datés de la première moitié du XVe siècle, intègrent des blasons familiaux, dont ceux des Botdéru (Plumelin, Carnac) et des armoiries de Bretagne et de France. Leur agencement fut modifié lors de restaurations, notamment en 1981 par l’atelier Hubert de Sainte Marie. La chapelle, propriété communale, conserve des éléments architecturaux remarquables comme des baies en accolade, un autel de pierre caché par un coffre en bois sculpté, et des lambris peints. Son désaxement interne et ses reprises de maçonnerie témoignent d’une histoire complexe, mêlant fonctions religieuses, symboles macabres médiévaux et adaptations postérieures.