Origine et histoire de la Chapelle de Locmaria
La chapelle Notre-Dame de Pitié, située au lieu-dit Locmaria à Ploemel (Morbihan), trouve ses origines au XIVe siècle sous l’impulsion de la famille Broérec. Celle-ci y installe un caveau familial sous le chœur, aujourd’hui disparu, et y dépose en 1340 la pierre tombale sculptée de Pierre de Broérec, mort à Saumur pendant la guerre de Cent Ans. Ce dernier, membre de l’armée bretonne allié à Philippe VI de Valois, fut rapatrié avec sa dalle funéraire en tuffeau, richement ornée.
L’édifice actuel, construit à la fin du XVe siècle, ne conserve que la nef d’une chapelle initialement plus vaste. Le chevet actuel correspond au mur de l’ancien chancel, dont l’arc diaphragme fut comblé. Le chœur, supprimé en 1830, révéla alors la pierre tombale de Pierre de Broérec. La chapelle, de plan rectangulaire à trois vaisseaux, présente des arcs brisés et une charpente apparente à poinçons chanfreinés. Son portail occidental, orné de visages et de croix, évoque celui de la chapelle du Loc à Saint-Avé.
Classée monument historique en 1927, la chapelle fut un bien privé jusqu’à la Révolution, lié au manoir de Locmaria. Son enclos, incluant un cimetière disparu en 1875, et une fontaine du XVIIe siècle (Fetan ar Velean) complétaient l’ensemble. Les bas-côtés, séparés par des arcs à double rouleau, et les vestiges de supports anthropomorphes dans le chevet témoignent de son évolution architecturale.
La nef, seul élément subsistant après la démolition du chœur entre 1811 et 1830, abrite toujours la dalle funéraire de Pierre de Broérec. La chapelle, initialement nommée Notre-Dame de Miséricorde ou de Pitié, était associée à un prieuré doté d’une maison appelée l’Hôpital, entourée d’un jardin clos. Son statut de chapelle domestique perdura jusqu’au XIXe siècle, marqué par des reconstructions partielles aux XIVe–XVe siècles.
Les modifications ultérieures incluent la reprise de la fenêtre nord au XVIe siècle et l’ajout d’un oculus ouest moderne. La fontaine monolithe, creusée d’une rigole alimentant un bassin circulaire, et les vestiges de la crypte sous l’ancien chœur rappellent son usage funéraire et religieux. Les arcs diaphragmes visibles sur le mur oriental actuels soulignent la séparation originelle entre nef et chœur.