Frise chronologique
1240
Donation d'Amanieu V d'Albret
Donation d'Amanieu V d'Albret
1240 (≈ 1240)
Fresque commémorant la cession à l’ordre de Saint-Jean.
Fin XIIe - début XIIIe siècle
Réalisation des fresques
Réalisation des fresques
Fin XIIe - début XIIIe siècle (≈ 1325)
Scènes évangéliques et symboliques, style roman clunisien.
1569
Pillage et incendie
Pillage et incendie
1569 (≈ 1569)
Destruction par les huguenots de Montgomery.
1783
Construction du clocher-mur
Construction du clocher-mur
1783 (≈ 1783)
Date portée sur une plaque encastrée.
Années 1960
Redécouverte des fresques
Redécouverte des fresques
Années 1960 (≈ 1960)
Par Marcel Labidalle, instituteur local.
1964
Classement monument historique
Classement monument historique
1964 (≈ 1964)
Protection du chœur et des peintures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Choeur (intérieur et extérieur) avec les fresques qui le décorent (cad. F 45) : classement par arrêté du 24 juin 1964
Personnages clés
| Amanieu V d'Albret - Seigneur local |
Donateur de la chapelle aux Hospitaliers (1240). |
| Montgomery - Chef huguenot |
Responsable du pillage en 1569. |
| Marcel Labidalle - Instituteur |
Redécouvreur des fresques (années 1960). |
Origine et histoire
La chapelle de Lugaut, située dans le quartier éponyme de Retjons (Landes), est un ancien lieu de culte catholique désacralisé, classé monument historique en 1964 pour son chœur et ses peintures murales. Construite entre le XIe et le XIIe siècle sur la rive droite du ruisseau Bourriot, elle était une étape sur la voie limousine du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Son origine reste liée à un bois sacré (luc en gascon, du latin lucus), et son histoire est marquée par des liens possibles avec l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, comme en témoigne une fresque représentant Amanieu V d’Albret (mort en 1240) offrant l’église aux Hospitaliers.
Les fresques intérieures, datées de la fin du XIIe et du début du XIIIe siècle, constituent un trésor de l’art roman clunisien, mêlant influences italo-byzantines. Elles illustrent des scènes évangéliques (Nativité, Résurrection), des allégories morales (vertus/vices), et des motifs symboliques (chimères, agneau de Dieu). L’édifice, pillé et incendié en 1569 par les huguenots de Montgomery, fut partiellement reconstruit : la nef, en moellons de remploi, devint moins large et moins haute, tandis que le chœur, en pierre de taille, survécut presque intact. Au XVIIIe siècle, des modifications (stucs, transformation des fenêtres, ajout d’une sacristie) et un clocher-mur érigé en 1783 altérèrent son aspect.
Abandonnée au XIXe siècle et désaffectée en 1896, la chapelle servit d’étable avant d’être redécouverte dans les années 1960 par Marcel Labidalle, instituteur à Retjons. Les peintures, masquées par des badigeons, furent mises au jour, déclenchant une campagne de sauvegarde. L’association Les Amis de Lugaut, fondée en 1982, permit sa réhabilitation grâce à des fonds publics et privés. À proximité, la Pierre du Diable, ou Main du Diable — un bloc de grès gravé de cinq traits — alimente une légende locale liée à une intervention divine.
La chapelle incarne aujourd’hui un patrimoine médiéval rare, témoignant des échanges culturels entre Cluny, Byzance et l’Aquitaine. Son décor mural, unique en son genre, offre un aperçu des pratiques artistiques et religieuses du Moyen Âge central, tandis que son histoire reflète les tumultes des guerres de Religion et les enjeux de préservation du XXe siècle.