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Chapelle de Maradénou ou Malodène dans le Lot

Chapelle de Maradénou ou Malodène

    3900 Route de Turenne
    46110 Martel
Propriété privée
Chapelle de Maradénou ou Malodène
Chapelle de Maradénou ou Malodène
Chapelle de Maradénou ou Malodène
Crédit photo : VKaeru - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
fin XIIe - début XIIIe siècle
Construction de la chapelle
1384
Hommage à la vicomté de Turenne
1474
Rattachement à la cure de Martel
1679
Chapelle en ruine
1691
Campagne de réparations
1751
Transfert aux Jésuites de Limoges
1997
Restauration partielle
2015
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La chapelle recouverte de fresques en référence à la « Shoah » par le peintre Miklos Bokor, située au lieu-dit Malodène, tel que délimité en rouge sur le plan annexé à l'arrêté (cad. AN 43) : inscription par arrêté du 29 décembre 2015

Personnages clés

Guy d'Ornhac - Curé de Martel Unit les prieurés de Maradène et Maradénou en 1474.
Jean Louis Layeria - Artisan ou maître d’œuvre Auteur des réparations en 1691.
Miklos Bokor - Peintre contemporain Auteur des fresques mémorielles (XXe siècle).
Abbé Clary - Historien local Signale la ruine de la chapelle en 1679.

Origine et histoire

La chapelle de Maradénou, aussi appelée chapelle de Malodène, est un vestige du prieuré du même nom, situé dans l’ancienne paroisse Saint-Martin de Loupchat, près de Martel. Fondé par l’Ordre des ermites de l’Artige au XIIe siècle, ce prieuré appliquait la règle de saint Augustin et dépendait du prieuré de Maradène en Corrèze. La chapelle, probablement construite à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle, est le seul élément subsistant de cet ensemble religieux. Son histoire est marquée par des changements de propriétaires, notamment son rattachement à la cure de Martel en 1474 sous Guy d’Ornhac, après avoir appartenu à des chanoines de l’Artige.

En 1384, le prieuré rend hommage à la vicomté de Turenne, témoignant de son ancrage dans les structures féodales locales. La chapelle, déjà en ruine en 1679 selon l’abbé Clary, fait l’objet de réparations en 1691, comme l’atteste une inscription. Après la Révolution, elle est vendue comme bien national et transformée en bâtiment agricole. Au XXe siècle, elle est partiellement restaurée en 1997, avant d’être inscrite aux monuments historiques en 2015. Son intérieur est aujourd’hui orné de fresques monumentales réalisées par le peintre Miklos Bokor, évoquant l’histoire biblique jusqu’à la Shoah, conférant au lieu une dimension mémorielle unique.

La chapelle se distingue par son architecture rustique, en moellons avec des joints d’argile, et sa voûte en berceau brisé. Son chevet plat, percé d’une fenêtre étroite en arc brisé, reflète son style médiéval sobre. Le lieu, chargé d’histoire religieuse et artistique, illustre à la fois le patrimoine roman du Quercy et les réappropriations contemporaines des espaces sacrés. La fresque de Bokor, couvrant l’intégralité des murs, dialogue avec la mémoire des persécutions du XXe siècle, créant un pont entre passé et présent.

Initialement liée à l’Ordre de l’Artige, une congrégation d’ermites active en Limousin et Quercy, la chapelle de Maradénou incarne les dynamiques monastiques médiévales. Son déclin progressif, accéléré par la Révolution, reflète les bouleversements religieux et politiques de la France moderne. La restauration récente et la protection au titre des monuments historiques soulignent sa valeur patrimoniale, tandis que l’œuvre de Bokor en fait un lieu de mémoire à vocation universelle, dépassant son cadre local.

Les sources historiques, comme les travaux de Jean-Pierre Girault et Marguerite Guély (2008), documentent son évolution, depuis son rôle dans le réseau des prieurés augustiniens jusqu’à sa transformation en espace artistique. La chapelle, aujourd’hui fermée au culte, reste un témoignage des interactions entre héritage médiéval et création contemporaine, tout en portant les stigmates des spoliations révolutionnaires et des reconversions agricoles, typiques du patrimoine rural français.

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