Frise chronologique
vers 1180
Cession des terres par Humbert de Divonne
Cession des terres par Humbert de Divonne
vers 1180 (≈ 1180)
Don aux chanoines d’Abondance pour dettes.
1211
Patronage de l’église aux chanoines
Patronage de l’église aux chanoines
1211 (≈ 1211)
Confirmation officielle par l’Église.
1250
Autorisation papale pour l’abbé d’Abondance
Autorisation papale pour l’abbé d’Abondance
1250 (≈ 1250)
Contrôle de l’église par Innocent IV.
1620-1622
Reconstruction de la chapelle
Reconstruction de la chapelle
1620-1622 (≈ 1621)
Travaux sous François de Sales.
1921
Classement monument historique
Classement monument historique
1921 (≈ 1921)
Protection officielle de l’État.
1993
Classement de la chasuble et du calice
Classement de la chasuble et du calice
1993 (≈ 1993)
Objets liturgiques protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle de Maraiche : classement par arrêté du 30 juillet 1921
Personnages clés
| Humbert de Divonne - Seigneur local |
Cède Maraîche aux chanoines en 1180. |
| Isabelle de Bex - Noble donatrice |
Lègue droits seigneuriaux en 1218. |
| Thomas Ier de Savoie - Comte de Savoie |
Confirme possessions en 1233. |
| Innocent IV - Pape |
Autorise l’abbé d’Abondance en 1250. |
| François de Sales - Évêque de Genève |
Ordonne reconstruction en 1620. |
Origine et histoire
La chapelle de Maraîche, dédiée à Saint-André, patron des pêcheurs, est édifiée au XIIe siècle sur des terres cédées par Humbert de Divonne aux chanoines de l’abbaye d’Abondance. Incapable de rembourser un emprunt contracté pour un pèlerinage en Terre sainte vers 1180, Humbert leur lègue des domaines à Saint-Gingolph, Maraîche et Massongy. Les religieux y fondent une maison forte et une église paroissiale, dont le patronage leur est officiellement confié en 1211. En 1218, Isabelle de Bex leur cède ses droits seigneuriaux sur les habitants de Maraîche, et en 1233, le comte Thomas Ier de Savoie confirme ces possessions. En 1250, le pape Innocent IV autorise l’abbé d’Abondance à prendre contrôle de l’église, marquant son rattachement définitif à l’abbaye.
Au XVe siècle, la chapelle devient une annexe (filleule) de l’église de Neuvecelle. Les conflits juridictionnels persistent, comme en 1266 entre l’abbé Guiffray et Aymon de Blonay : bien que l’abbaye conserve la plupart des droits seigneuriaux (hors peines corporelles, réservées aux seigneurs de Saint-Paul), elle obtient en compensation un tribut annuel en bœuf. L’édifice médiéval, partiellement reconstruit entre 1620 et 1622 sous l’impulsion de François de Sales, évêque de Genève, ne conserve de l’origine que ses fondations, la base du clocher et sa porte romane. Cette reconstruction donne à la chapelle son aspect actuel, avec une nef unique de 12 mètres et un chevet hémicirculaire.
Le domaine monastique, représenté sur la mappe sarde, inclut la maison de l’abbé et celle des religieux, toutes deux conservées. La chapelle, classée monument historique en 1921, abrite un mobilier liturgique transféré de l’ancienne église Saint-Nicolas de Neuvecelle dans les années 1840, dont un retable et une chasuble en cuir de Cordoue classée en 1993. Son clocher à poutraison apparente et son avant-porche (ashuta) en font un exemple remarquable d’architecture religieuse savoyarde, marqué par les influences romanes et baroques.
Située à un carrefour routier vers Évian-les-Bains et Thollon-les-Mémises, la chapelle surplombe le lac Léman, témoignant du rôle central des abbayes dans l’organisation territoriale et viticole de la région. Les chanoines y développèrent une exploitation vinicole aux lieux-dits La Platte et Grange Bonnet, illustrant l’économie monastique médiévale. Aujourd’hui propriété communale, elle reste un lieu de patrimoine lié à l’histoire religieuse et seigneuriale de la Haute-Savoie.