Origine et histoire de la Chapelle de Notre-Dame-de-Rocamadour
La chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, située à Camaret-sur-Mer dans le Finistère, trouve ses origines dans une première construction datée de 1183. Cependant, la partie la plus ancienne de l’édifice actuel remonte à 1527, comme l’atteste une inscription sur le pignon ouest. Ce lieu de culte tire son nom du socle rocheux sur lequel il est bâti, Roc’h a ma dour (« rocher au milieu des eaux » en breton), et non d’un lien avec le pèlerinage de Rocamadour en Quercy, contrairement à une croyance répandue. La chapelle, reconstruite et agrandie entre 1610 et 1683, a subi plusieurs restaurations par des recteurs locaux comme D. Myttern, Torrec, Kéraudren et D. Palud.
Le clocheton, décapité en 1694 lors de la bataille de Trez-Rouz par un boulet anglo-hollandais, fut reconstruit en 1685 en réutilisant partiellement les matériaux d’origine. Un incendie dévastateur en 1910 détruisit la toiture et le mobilier du XVIe siècle, dont des poutres sculptées de têtes de dragons et des statues en bois peint. La chapelle fut restaurée dès 1911 grâce à la mobilisation des paroissiens et des dons, avec une charpente en forme de coque renversée, lambrissée et peinte en bleu, réalisée par le charpentier de marine François Keraudren.
La vocation maritime de la chapelle est marquée par son rôle d’étape pour les pèlerins venants par la mer et par ses traditions, comme la bénédiction annuelle de la mer lors du pardon, célébré le premier dimanche de septembre. À l’intérieur, des ex-voto marins, dont des maquettes de bateaux et des bouées, témoignent de son lien avec les communautés de pêcheurs. Malgré les destructions, les armes des seigneurs de Crozon, épargnées lors de la Révolution, restent visibles sous le clocheton, rappelant l’histoire féodale du site.
La chapelle, inscrite aux monuments historiques depuis 1935, conserve également une copie d’un tableau de Charles Cottet représentant son incendie de 1910, tandis que l’original est exposé en mairie. Son architecture, mêlant styles gothique et Renaissance, et son emplacement spectaculaire sur le Sillon en font un symbole du patrimoine breton, à la fois religieux et maritime.