Frise chronologique
vers 1334
Première mention du toponyme
Première mention du toponyme
vers 1334 (≈ 1334)
Appellation *Schowenberg* dans des archives.
1441
Première mention de la chapelle
Première mention de la chapelle
1441 (≈ 1441)
État du diocèse de Bâle.
1446
Miracle attribué à Anne de Saxe
Miracle attribué à Anne de Saxe
1446 (≈ 1446)
Guérison légendaire (source tardive).
1483
Reconnaissance officielle du pèlerinage
Reconnaissance officielle du pèlerinage
1483 (≈ 1483)
Création d’une chapellenie par l’évêque de Bâle.
1515
Agrandissement de la chapelle
Agrandissement de la chapelle
1515 (≈ 1515)
Construction d’un chœur orienté.
1685–1695
Nouvelle chapelle et couvent
Nouvelle chapelle et couvent
1685–1695 (≈ 1690)
Travaux dirigés par les franciscains.
1704
Achèvement du couvent
Achèvement du couvent
1704 (≈ 1704)
Remplacement de l’ermitage.
1789
Fermeture du site
Fermeture du site
1789 (≈ 1789)
Conséquence de la Révolution.
1811
Retour de la statue de la Vierge
Retour de la statue de la Vierge
1811 (≈ 1811)
Restauration et célébration.
1991
Vol de la statue originale
Vol de la statue originale
1991 (≈ 1991)
Statue déjà remplacée en 1575.
2000
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
2000 (≈ 2000)
Protection du patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle (cad. 24 25) : inscription par arrêté du 25 février 2000
Personnages clés
| Uldaric - Ermite |
Premier occupant connu du site (début XVe). |
| Évêque de Bâle - Autorité religieuse |
Reconnaît le pèlerinage en 1483. |
| Franciscains de Rouffach - Ordre religieux |
Gèrent le pèlerinage à partir de 1690. |
| Anne de Saxe - Duchesse (légende) |
Guérison miraculeuse attribuée (1446). |
| Jean-Jacques Pipion - Commanditaire (maître d’œuvre) |
Associé aux travaux (source Monumentum). |
Origine et histoire
La chapelle de pèlerinage Notre-Dame du Schauenberg, située à Pfaffenheim dans le Haut-Rhin, trouve ses origines au début du XVe siècle. Le site, mentionné dès 1334 sous le nom de Schowenberg, abritait alors un ermite nommé Uldaric vénérant saint Ulrich dans une modeste chapelle. Vers le milieu du XVe siècle, le lieu devient un pèlerinage dédié à la Vierge, officiellement reconnu en 1483 par l’évêque de Bâle. L’affluence croissante des fidèles impose la construction d’une chapelle plus grande en 1515, suivie d’un nouvel agrandissement en 1685 sous la supervision des franciscains de Rouffach.
Au XVIIe siècle, le pèlerinage gagne en popularité, attirant des processions depuis Pfaffenheim et des villes voisines comme Turckheim. Les franciscains, chargés de la gestion du site à partir de 1704, y bâtissent un couvent et consolident son rôle de centre marial. La chapelle actuelle, consacrée en 1695, conserve des éléments des XVIe et XVIIe siècles, dont un chœur à chevet plat et une absidiole à trois pans. Le site, fermé en 1789 puis restauré à plusieurs reprises, est inscrit aux monuments historiques depuis 2000.
Deux légendes marquent l’histoire du Schauenberg : celle d’Anne de Saxe, prétendument guérie miraculeusement en 1446 après une prière à la Vierge (bien que cette histoire, rapportée par les franciscains au XVIIIe siècle, manque de sources contemporaines), et celle de la pierre du Diable, liée à la reconstruction de 1515. Selon cette dernière, le Diable aurait tenté de détruire la chapelle en lançant un rocher, qui aurait rebondi sans dommage grâce à une intervention divine. Une pierre marquée de traces en contrebas perpétue ce récit.
Architecturalement, la chapelle allie des matériaux locaux (moellons de grès, bois pour le campanile) et des éléments stylistiques variés, comme un arc triomphal brisé et des contreforts marqués de symboles de tâcherons (M, T, II, +). Le bâtiment conventuel adjacent, remanié au XXe siècle, témoigne de l’évolution du site, passé d’ermitage à lieu de dévotion organisé. Les restaurations successives (1860–1869, 1910, 1966–1972) ont préservé son caractère historique, malgré des épisodes troubles comme la vente comme bien national en 1793 ou les dommages de 1870.
Le pèlerinage, centré autour d’une statue de la Vierge (volée en 1991 après un remplacement en 1575), reflète l’importance des cultes mariaux en Alsace. Les processions, parfois obligatoires pour les habitants de Pfaffenheim, et les offrandes illustrent son ancrage dans la vie religieuse locale. Aujourd’hui, la chapelle reste un témoignage de cinq siècles de dévotion, entre histoire attestée et traditions orales.