Origine et histoire de la Chapelle de Perse
La chapelle Saint-Hilarian-Sainte-Foy de Perse, située à Espalion dans l’Aveyron, est un édifice religieux roman du XIe siècle. Elle est mentionnée dès 1060, lorsque Hugues de Calmont, son épouse Foy et leur fils Bégon en font don à l’abbaye de Conques. Le site, alors appelé alleu, comprend une église dédiée à saint Hilarian, un fief presbytéral et des dîmes. Après cette donation, l’église est aussi placée sous le vocable de sainte Foy, en lien avec l’abbaye donataire.
En 1312, le prieuré de Perse est uni à celui de Campagnac pour subvenir aux besoins de cinq moines, réduits à deux un siècle plus tard. L’église sert d’abord d’église paroissiale pour Espalion, avant de perdre ce statut au XVIIIe siècle. En 1524, l’évêque François d’Estaing procède à la translation des reliques de saint Hilarian. Après la sécularisation du prieuré en 1537, les bâtiments se dégradent : déclarés masures en 1664, ils font l’objet de réparations au XVIe siècle.
Classée monument historique en 1862, la chapelle est restaurée en 1902 par Henri Laffillée, qui révèle des enduits peints sur les voûtes du transept. Une seconde campagne en 1957, menée par l’architecte Dufour, supprime d’autres décors peints. L’édifice, orienté est-ouest, se distingue par son portail roman occidental à tympan sculpté (représentant la Pentecôte et le Jugement dernier) et son clocher-mur à quatre baies. Deux portails, l’un roman et l’autre gothique, percent sa façade sud.
À l’intérieur, la nef à trois travées, séparée du chœur par un arc triomphal, est surmontée d’un chevet polygonal orné de modillons. Deux chapelles latérales, ajoutées au XVe siècle côté nord, complètent l’ensemble. Parmi les éléments remarquables figurent une Vierge à l’Enfant du XIIe siècle, classée en 1908, et un enfeu du XIIIe siècle en façade. La chapelle, située sur un tronçon commun à la via Podiensis et au GR 6, domine la terrasse alluviale du Lot.
Le portail occidental, protégé par un auvent à modillons, présente trois voussures historiées : la Cour céleste (anges avec livres), les archanges Gabriel et Raphaël, et une figure couronnée supposée être le fondateur. Le tympan illustre la Trinité, la Vierge et les apôtres lors de la Pentecôte, tandis que le linteau dépeint le Jugement dernier, avec une balance des âmes, le Christ en gloire entouré du Tétramorphe, et une scène infernale où Satan et des démons tourmentent les damnés.