Origine et histoire de la Chapelle de Saint-Gobrien
La chapelle de Saint-Gobrien, située à Saint-Servant dans le Morbihan, trouve son origine au XIe siècle, remplaçant un oratoire en bois du VIIIe siècle fondé par saint Gobrien, évêque de Vannes mort en 725. Les vestiges les plus anciens, visibles dans la nef, datent de cette première construction romane. L’édifice actuel porte les traces de multiples campagnes de reconstruction, notamment au XVe siècle (portail sud, façade ouest) et au XVIe siècle (mur diaphragme, maison du chapelain).
Au XIVe siècle, Olivier de Clisson et son épouse Marguerite de Rohan, identifiés par leurs armoiries dans les verrières, financent des travaux majeurs, incluant probablement le chœur et le bras nord du transept. Le bras sud, de style Renaissance flamboyant, est reconstruit en 1548-1549 comme l’atteste une inscription murale. La chapelle abrite un tombeau en bois sculpté du XIVe siècle, unique en Bretagne, ainsi qu’un dallage géométrique inspiré du nombre d’or dans le chœur.
Classée monument historique en 1996 avec sa maison du chapelain, la chapelle est entourée d’un cimetière inscrit depuis 1945, abritant une croix de 1604. Lieu de pèlerinage actif, elle conserve deux retables Renaissance et une fontaine du XVIe siècle dédiée à saint Gobrien, située à 200 m au nord-ouest. Son clocher, percé de meurtrières pour le tir à l’arc, reflète son rôle défensif passé.
L’architecture mêle moellons de schiste et granite, avec une nef unique prolongée par un transept asymétrique et un chevet plat. Le sol du porche, en terre battue, contraste avec les dalles de schiste de la nef. Le pardon annuel, célébré le premier week-end de juillet, perpétue une tradition multimillénaire liée à l’ermitage originel.
Les sources mentionnent des commanditaires nobles (Clisson, Rohan) et des artisans comme le fabricien I. Carel, cité dans l’inscription de 1549. La chapelle illustre ainsi l’évolution des styles architecturaux bretons, du roman au baroque, tout en restant un haut lieu de dévotion populaire.