Origine et histoire de la Chapelle de Ti Mamm Doué
La chapelle de Ti Mamm Doué, dont le nom signifie « Maison de la Mère de Dieu » en breton, est un édifice religieux situé à Quimper, dans le Finistère. Construite entre les XVe et XVIe siècles, elle illustre la transition entre les styles gothique flamboyant et Renaissance. Son portail sud, daté de 1541, arbore des colonnettes torsadées et des motifs géométriques, tandis qu’une porte classique de 1605 orne sa nef. Le clocher, achevé en 1573, et les vitraux modernes, dont un commémorant la Première Guerre mondiale, témoignent de son évolution architecturale et mémorielle.
La chapelle est indissociable de l’histoire locale : les paroissiens de Cuzon obtiennent en 1540 le droit de la reconstruire sur les terres de la seigneurie de Kermaner, propriété de Pierre de Quenechvilly. La famille Furic, bienfaitrice à partir de 1547, y appose ses armes sur la tribune. Le prédicateur Julien Maunoir y aurait reçu, selon la tradition, le don de la langue bretonne en 1631. Vendue comme bien national en 1795, elle est sauvée de la ruine en 1817 grâce à une ordonnance royale, puis classée Monument Historique en 1903.
Le mobilier intérieur, incluant des stalles, un maître-autel et une statue de la Vierge dans une niche néo-gothique, reflète sa richesse patrimoniale. Les vitraux contemporains, créés en 1995 par François Dilasser et Jean-Pierre Le Bihan, s’ajoutent aux éléments historiques comme la voûte lambrissée et les contreforts sculptés d’animaux fantastiques. La chapelle, propriété communale, reste un symbole de la dévotion et de l’identité bretonne, mêlant héritage médiéval et hommages modernes.
La reconstruction s’étale sur un demi-siècle, avec des dates clés gravées sur les façades (1541, 1573, 1592). Le portail ouest, marqué par l’inscription « PAX VOBIS 1592 », pourrait évoquer les troubles de la Guerre de la Ligue (1588-1598). La sacristie, ajoutée en 1621, et les remaniements du XIXe siècle, notamment après 1817, achèvent de façonner l’édifice actuel. Son plan en croix latine, son clocher maçonné et ses baies flamboyantes en font un exemple remarquable de l’architecture religieuse finistérienne.
La chapelle est aussi liée à des événements nationaux, comme l’Offensive Meuse-Argonne de 1918, commémorée par un vitrail rendant hommage aux poilus du 118e régiment d’infanterie. Cet aspect patriotique s’ajoute à sa dimension spirituelle, renforcée par les ex-voto et la tradition orale associant le site à des miracles linguistiques. Aujourd’hui, Ty Mamm Doué incarne à la fois un patrimoine artistique, une mémoire collective et un lieu de culte toujours vivant.
Les archives révèlent des conflits post-révolutionnaires, notamment en 1815, lorsque l’évêque envisage de démanteler la chapelle pour reconstruire l’église paroissiale de Kerfeunteun. Sauvée par la mobilisation locale, elle bénéficie d’une restauration majeure au XIXe siècle, préservant ses caractéristiques uniques, comme la tribune maçonnée ou la clôture en fer forgé du chœur. Son classement en 1903 consacre sa valeur historique et architecturale, tout en ancrant son rôle dans le paysage culturel breton.