Origine et histoire de la Chapelle des Carmélites
La chapelle des Carmélites de Dijon est l’unique vestige d’un couvent carmélite fondé au début du XVIIe siècle, dans le centre sauvegardé de la ville. Sa construction, initiée en 1605 par des religieuses inspirées par sainte Thérèse d’Avila, s’inscrit dans l’essor des carmels en France après ceux de Paris et Pontoise. Le monastère, érigé rue Saint-Anne entre 1608 et 1642, voit sa chapelle consacrée en 1613 sous le vocable de Saint Joseph. Aujourd’hui, seule sa façade baroque, richement ornée de sculptures en pierre polychrome, témoigne de ce passé.
La façade, attribuée par certains historiens à l’architecte Nicolas Tassin ou à Guillaume Tabourot, se distingue par ses colonnes ioniques et corinthiennes, ses frontons, et ses statues représentant sainte Thérèse, le prophète Élie, saint Joseph, la Vierge Marie et le Christ. Le portail, classé monument historique depuis 1910, est un exemple remarquable de l’art baroque religieux en Bourgogne. Les archives mentionnent également le maçon Jean Braconnier, impliqué dans les travaux à partir de 1625.
À la Révolution française, le couvent subit des destructions : le clocher est abattu, et les carmélites, expulsées en 1792, se réfugient à Beaune. Le site, devenu bien national, est transformé en caserne au XIXe siècle avant d’être affecté à des services municipaux. Bien que le carmel ait été refondé ailleurs à Dijon en 1865, puis transféré à Flavignerot en 1978, la chapelle originale reste un symbole du patrimoine religieux et architectural dijonnais.
Le classement de 1910 ne concerne que le portail, soulignant son importance historique et artistique. Les sources, comme les mémoires de Victor Dumay ou les archives diocésaines, documentent son évolution, depuis sa fondation jusqu’à sa préservation partielle. Aujourd’hui, le site, propriété de la commune, rappelle l’héritage spirituel et culturel des carmélites en Bourgogne, malgré la disparition du reste du monastère.