Frise chronologique
544
Sépulture de Venance de Viviers
Sépulture de Venance de Viviers
544 (≈ 544)
Enterrement de l'évêque dans l'église.
avant le VIe siècle
Fondation de la première église
Fondation de la première église
avant le VIe siècle (≈ 650)
Site religieux originel avant 544.
VIIe siècle
Installation des bénédictines
Installation des bénédictines
VIIe siècle (≈ 750)
Couvent détruit en 737 par les Sarrasins.
1624
Arrivée des dominicaines
Arrivée des dominicaines
1624 (≈ 1624)
Sœurs de Sainte-Catherine-de-Sienne s'installent.
1732-1743
Reconstruction de la chapelle
Reconstruction de la chapelle
1732-1743 (≈ 1738)
Travaux dirigés par Franque et Projet.
11 octobre 1739
Consécration de la chapelle
Consécration de la chapelle
11 octobre 1739 (≈ 1739)
Cérémonie après cinq ans de travaux.
1967
Premier classement monument historique
Premier classement monument historique
1967 (≈ 1967)
Protection de la chapelle et du couvent.
2024
Nouveau classement
Nouveau classement
2024 (≈ 2024)
Extension aux éléments annexes du couvent.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle des Dominicains, dite aussi chapelle Notre-Dame-du-Rhône (cad. AP 364) : classement par arrêté du 21 novembre 1967 ; L'aile du couvent des dominicaines attenante à l'église Notre-Dame du Rhône, sise 1 avenue Pierre-Mendès-France, sur la parcelle n° 583 ; les parties bâties (porche d'entrée, arcatures et passerelle), situées sur la parcelle n°584, en totalité, figurant au cadastre section AP, tel que délimité et hachuré en rouge sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 16 septembre 2024
Personnages clés
| Venance de Viviers - Évêque de Viviers |
Enterré dans l'église primitive en 544. |
| Jean-Baptiste Franque - Architecte |
Dirigea la reconstruction (1734-1743). |
| Claude Projet - Entrepreneur |
Collabora avec Franque pour les travaux. |
| Évêque de Viviers (anonyme, XVIIIe siècle) - Commanditaire |
Conseilla la réorganisation du monastère. |
Origine et histoire
La chapelle des Dominicains de Viviers, aussi appelée chapelle Notre-Dame-du-Rhône, trouve ses origines dans une première église fondée avant le VIe siècle, où fut enterré l'évêque Venance de Viviers en 544. Ce site religieux, détruit et reconstruit à plusieurs reprises, fut occupé par des bénédictines au VIIe siècle, puis par des dominicaines de Sainte-Catherine-de-Sienne à partir de 1624. Ces dernières entreprirent une reconstruction majeure entre 1732 et 1743, sous la direction de l'architecte Jean-Baptiste Franque et de l'entrepreneur Claude Projet, avec le soutien de l'évêque de Viviers.
La nouvelle chapelle, dont la première pierre fut posée en 1734, fut bénie en 1738 et consacrée le 11 octobre 1739. Son architecture sobre, marquée par une élévation élégante et des éléments sculptés discrets, s'inspire des réalisations de Franque en Provence. Le coût total des travaux s'éleva à 37 000 livres tournois. À la Révolution, le monastère fut saisi comme bien national, puis converti en entrepôt, fabrique de carrelage, et enfin en école à partir de 1908. L'édifice, jamais désacralisé malgré ses usages profanes, fut classé monument historique en 1967, avec des protections complémentaires en 2020 et 2024.
Le chœur des religieuses, séparé de la nef après la Révolution, présente une voûte plate à double arêtiers sur pendentifs, caractéristique de l'art de Franque. Les façades, en pierre calcaire locale, allient verticalité et classicisme, avec des pilastres ioniques et un fronton triangulaire. L'intérieur, dépouillé de son mobilier d'origine, conserve une nef unique voûtée en arc-de-cloître à lunette, éclairée par une baie axiale. Les graffitis et aménagements ultérieurs témoignent des multiples réaffectations du site, aujourd'hui partagé entre une association diocésaine et la commune de Viviers, qui œuvre à sa réhabilitation.
Les fouilles menées lors de la reconstruction de 1625 révélèrent des tombeaux à inscriptions ariennes, soulignant l'ancienne occupation du site. Le couvent, agrandi entre 1733 et 1743, intégra des bâtiments préexistants, comme le réfectoire aménagé dans l'ancien cloître. Après la Révolution, la division cadastrale sépara définitivement le chœur des religieuses de la nef, tandis que les combles, soutenus par des piliers de brique, abritaient autrefois les dortoirs. La chapelle s'inscrit dans un ensemble architectural cohérent avec d'autres réalisations de Franque, comme la chartreuse de Valbonne ou l'hôpital Sainte-Marthe d'Avignon.
Aujourd'hui, la chapelle Notre-Dame-du-Rhône, bien que vidée de son mobilier liturgique, conserve une forte valeur patrimoniale. Son porche d'entrée, ses arcatures et sa passerelle, classés en 2024, complètent la protection initiale de 1967. La municipalité, propriétaire du chœur des religieuses depuis 2018, collabore avec l'association diocésaine pour restaurer ce témoignage rare de l'architecture religieuse féminine du XVIIIe siècle en Ardèche, tout en préservant les traces de ses usages successifs, de l'entrepôt industriel à l'école actuelle.