Origine et histoire
La chapelle des Pénitents noirs, dite chapelle du Bon-Jésus, se situe au 6 de la rue du Bon-Jésus dans le 2e arrondissement de Marseille, Bouches‑du‑Rhône. Elle est classée au titre des monuments historiques en 1931.
Elle appartenait à la confrérie du Saint‑Nom de Jésus, surnommée les Bourras en raison de l'habit de bure de ses membres. La confrérie a été fondée le 27 juin 1591 par douze Marseillais, parmi lesquels Antoine Mascaron, expulsé après l'assassinat de Charles de Casaulx. Elle comptait soixante‑douze frères chargés de consoler les condamnés à mort, de les assister lors de l'exécution et de les ensevelir. Pour être admis, il fallait avoir au moins dix‑huit ans, être un homme de bonne réputation et s'abstenir de certains métiers ou comportements contraires aux lois de Dieu et de l'Église, sauf volonté manifeste de se corriger. À partir de 1764, les pénitents prirent aussi en charge l'inhumation des forçats décédés à l'hôpital de l'arsenal des galères.
La chapelle a été construite en 1597. Saisie pendant la Révolution, elle fut désaffectée, servit d'entrepôt pour des objets provenant de diverses églises et devint tribunal révolutionnaire en 1793. Vendue aux enchères en 1802, elle fut rachetée en ruine le 24 octobre 1816 par les Bourras, qui la rendirent à sa destination première. Le 18 juillet 1892, la confrérie des pénitents noirs fusionna avec les Bourras : la nouvelle confrérie adopta le costume des pénitents noirs et s'installa dans la chapelle, qui prit alors le nom de chapelle des Pénitents noirs.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, sous l'impulsion du vice‑recteur L. Preyre, la confrérie recruta de jeunes membres et, tirant parti de sa mission de visite des prisons, communiqua avec des résistants arrêtés. Peu après la Libération, Preyre organisa le pèlerinage des pénitents noirs à la basilique Notre‑Dame‑de‑la‑Garde. Le dernier prieur, L. Fontanier, veilla sur la chapelle jusqu'à sa mort en 1960, l'ouvrit au culte et à quelques cérémonies et déposa les collections de la chapelle au musée du Vieux‑Marseille et au Musée du Terroir Marseillais de Château‑Gombert.
Après l'extinction de la confrérie, la chapelle connut une destinée mouvementée : en 1968, un Libanais ancien marin des Forces françaises libres, naturalisé en 1963, y installa un dortoir pour travailleurs nord‑africains; expulsé, il vit la chapelle être vendue aux enchères le 12 juillet 1973 au Comité du Vieux‑Marseille. En état de délabrement avancé, victime de vandalisme et de vols de boiseries, elle fut revendue par le comité à une association qui, après d'importants travaux bénévoles, la rendit au culte catholique traditionnel. Elle est desservie par l'abbé Christophe Héry, de l'Institut du Bon‑Pasteur.