Frise chronologique
14 février 1317
Bulle papale de Jean XXII
Bulle papale de Jean XXII
14 février 1317 (≈ 1317)
Création de vingt couvents dominicains.
17 avril 1321
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
17 avril 1321 (≈ 1321)
Début de la construction.
1356
Achèvement partiel
Achèvement partiel
1356 (≈ 1356)
Abside et quatre travées terminées.
vers 1360
Fortification de l'église
Fortification de l'église
vers 1360 (≈ 1360)
Ajout de deux tourelles.
1568
Incendie par les protestants
Incendie par les protestants
1568 (≈ 1568)
Dévastation pendant les guerres de Religion.
1594
Restauration par Michaëlis
Restauration par Michaëlis
1594 (≈ 1594)
Rétablissement de la vie monastique.
1665–1666
Reconstruction des voûtes
Reconstruction des voûtes
1665–1666 (≈ 1666)
Armoiries sculptées sur les clés.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Transformation en salle politique.
16 janvier 1939
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
16 janvier 1939 (≈ 1939)
Protection officielle du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle des Pénitents (ancienne) : inscription par arrêté du 16 janvier 1939
Personnages clés
| Jacques de Cabrerets - Évêque de Lodève (1318–1322) |
Inspirateur du couvent, ancien dominicain. |
| Jean XXII - Pape (1316–1334) |
Auteur de la bulle fondatrice. |
| Béranger VI de Guilhem - Baron de Clermont |
Donateur du terrain pour la construction. |
| Arnaud de Lauzières - Bienfaiteur financier |
Contribua aux dons pour l'édification. |
| Sébastien Michaëlis - Réformateur dominicain |
Rétablit le couvent en 1594. |
Origine et histoire
La chapelle des Pénitents, initialement église Saint-Dominique, fut fondée au début du XIVe siècle sous l’impulsion de l’évêque de Lodève, Jacques de Cabrerets (1318–1322), ancien dominicain sacré par le pape Jean XXII. Ce dernier avait créé vingt couvents de l’ordre des Prêcheurs par une bulle de 1317, dont celui de Clermont-l’Hérault. Le baron Béranger VI de Guilhem offrit le terrain bordant le ruisseau du Rhônel, et la première pierre fut posée en avril 1321. Des dons, comme ceux d’Arnaud de Lauzières, permirent une construction rapide : l’abside et quatre travées de la nef furent achevées dès 1356. Les tensions entre les barons de Clermont (soutenant le couvent) et les consuls (soutenant la collégiale Saint-Paul) expliquent peut-être l’ampleur du projet, conçu pour attirer les fidèles loin de la collégiale rivale.
Face aux pillages des Grandes Compagnies et du Prince Noir vers 1360, l’église fut fortifiée avec deux tourelles encadrant la façade ouest. Les deux travées ouest ne furent voûtées qu’à la fin du XIVe siècle, suivies par l’ajout de chapelles latérales aux XVe et XVIe siècles. Le portail ouest, doté d’un trumeau, et une rosace (non réalisée) datent de cette période. Le couvent, incluant jardin, verger et moulin à huile, fut dévasté pendant les guerres de Religion : incendié par les protestants en 1568, puis démoli en 1588. L’église, moins endommagée, survécut. En 1594, le réformateur dominicain Sébastien Michaëlis y rétablit la vie monastique, reconstruisant le couvent et consolidant les voûtes (vers 1665–1666). Les Dominicains jouèrent un rôle clé dans la reconquête catholique locale, prêchant et administrant les sacrements dans une ville majoritairement huguenote.
À la Révolution, le couvent fut vendu comme bien national (1791) et transformé en salle politique puis en magasin de salpêtre. Devenue propriété communale, l’église abritera une confrérie de Pénitents bleus de 1808 à 1905, marquant durablement la mémoire locale au point d’éclipser son origine dominicaine. Utilisée comme marché pendant la Seconde Guerre mondiale, puis comme garage municipal (perte du portail à trumeau), elle fut restaurée pour devenir un espace polyvalent. Inscrite aux Monuments Historiques en 1939, son plan traditionnel méridional comprend une nef unique de six travées, une abside à sept pans, et des chapelles latérales. Ses dimensions (50,46 m de long, 1 300 m2) témoignent de son ambition passée.