Frise chronologique
1174
Première mention templière
Première mention templière
1174 (≈ 1174)
Acte citant la « domus milice » à Avignon.
1243
Autonomie de la commanderie
Autonomie de la commanderie
1243 (≈ 1243)
Artaud cité comme premier commandeur avignonnais.
1273–1281
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1273–1281 (≈ 1277)
Édifiée avec l’accord de l’évêque et du chapitre.
1308
Arrestation des Templiers
Arrestation des Templiers
1308 (≈ 1308)
Biens saisis par Charles II d’Anjou.
1312
Transfert aux Hospitaliers
Transfert aux Hospitaliers
1312 (≈ 1312)
Bulle papale *Ad providam Christi Vicarii*.
1793
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1793 (≈ 1793)
Chapelle transformée en écurie puis auberge.
1875
Restauration par Anselme Mathieu
Restauration par Anselme Mathieu
1875 (≈ 1875)
Étage supérieur converti en restaurant néo-gothique.
16 mars 2000
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
16 mars 2000 (≈ 2000)
Protection officielle de la chapelle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle (cad. DI 744, 658) : classement par arrêté du 16 mars 2000
Personnages clés
| Guillaume de Soliers - Commandeur templier (1188) |
Premier précepteur connu d’Avignon et d’Arles. |
| Artaud - Commandeur d’Avignon (1243) |
Marque l’autonomie de la commanderie locale. |
| Girarde Levenières - Testatrice (1281) |
Première mention de *Notre-Dame-de-Bethléem*. |
| Clément VI - Pape (1342) |
Confirme l’installation des Hospitaliers sur le site. |
| Anselme Mathieu - Propriétaire-restaurateur (1875) |
Sauve la chapelle et crée un lieu félibre. |
| Jean Gourdan de Fromentel - Acquéreur (1997) |
Restaure la chapelle pour usages culturels. |
Origine et histoire
La chapelle des Templiers d’Avignon, édifiée entre 1273 et 1281, est un témoignage rare de l’architecture gothique provençale. Les Templiers s’installent dans la ville dès le XIIe siècle, avec une première mention écrite en 1174 (« domus milice »). La commanderie, initialement subordonnée à celle d’Arles, devient autonome en 1243. En 1259, un acte localise la maison templière près de l’église Saint-Agricol, probablement à l’emplacement actuel de la chapelle. Celle-ci est nommée Notre-Dame-de-Bethléem dès 1281 dans un testament.
Après la dissolution de l’ordre du Temple en 1308, les biens passent aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1312. Ces derniers abandonnent leur commanderie de Saint-Jean-le-Vieux pour s’installer dans l’ancienne maison templière vers 1330, malgré des conflits avec le prieur de Saint-Pierre. Une lettre papale de 1342 confirme leur présence. Au XVe siècle, la commanderie est louée à des seigneurs, qui s’engagent à entretenir un chapelain et les bâtiments. Les Hospitaliers, peu présents, la transforment en source de revenus.
La Révolution française marque un tournant : la commanderie est vendue comme bien national en 1793. La chapelle, convertie en écurie puis en auberge, échappe à la démolition. En 1875, Anselme Mathieu la restaure partiellement, transformant l’étage en restaurant pour son hôtel, l’Hôtel du Louvre, lieu de rencontre des félibres comme Frédéric Mistral. Classée Monument Historique en 2000, elle est aujourd’hui un lieu culturel intégré au Petit Louvre, participant au Festival Off d’Avignon.
D’un point de vue architectural, la chapelle adopte un plan rectangulaire (23,80 m x 8 m) divisé en quatre travées voûtées d’ogives quadripartites. Les chapiteaux polygonaux et les piliers à colonnes groupées rappellent l’église Saint-Jean-de-Malte d’Aix-en-Provence, construite à la même époque. La première travée abrite une tribune supportée par une voûte d’ogives, élément distinctive de l’édifice.
Les sources historiques soulignent son rôle dans la vie religieuse et sociale d’Avignon. Les rapports de visite des XVIe–XVIIIe siècles décrivent une commanderie en déclin, où les chapelains, souvent absents, se font remplacer par des clercs séculiers. Malgré des modifications mineures, la structure médiévale reste globalement préservée, notamment grâce à son abandon progressif par les Hospitaliers après le XIVe siècle.
Aujourd’hui, la chapelle incarne un patrimoine à la fois templier, hospitalier et culturel. Son sauvetage au XIXe siècle, puis sa réhabilitation contemporaine, en font un symbole de la mémoire médiévale avignonnaise, entre histoire religieuse et vie artistique moderne.