Frise chronologique
1150-1160
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1150-1160 (≈ 1155)
Période de construction par les Templiers.
1163
Bataille de la Bocquée
Bataille de la Bocquée
1163 (≈ 1163)
Victoire croisée représentée dans les fresques.
1312
Chute des Templiers
Chute des Templiers
1312 (≈ 1312)
Transfert aux Hospitaliers après dissolution.
1789
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1789 (≈ 1789)
Transformée en bâtiment agricole à la Révolution.
1914
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1914 (≈ 1914)
Protection officielle par l'État français.
2013
Restauration des fresques
Restauration des fresques
2013 (≈ 2013)
Campagne de conservation des peintures murales.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle des Templiers : classement par arrêté du 9 mai 1914
Personnages clés
| Hugues le Brun de Lusignan - Seigneur et croisé |
Représenté dans les fresques de 1163. |
| Geoffroy Martel - Frère de Guillaume Taillefer |
Figuré dans les scènes de bataille. |
| Adémar - Évêque et croisé |
Possiblement représenté dans les fresques. |
| Eugène Sadoux - Peintre du XIXe siècle |
A restauré/complété les fresques. |
| Paul Deschamps - Historien de l'art |
A étudié les peintures murales. |
Origine et histoire
La chapelle des Templiers de Cressac, située à Coteaux-du-Blanzacais (anciennement Cressac-Saint-Genis) en Charente, est le dernier vestige d’une commanderie templière construite entre 1150 et 1160. Son emplacement sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle et la présence d’un puits inépuisable expliquent son choix par les Templiers. Après la dissolution de l’ordre en 1312, le site passa aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, avant d’être vendu comme bien national à la Révolution et transformé en bâtiment agricole.
L’intérieur de la chapelle est orné de fresques uniques du XIIe siècle, réalisées à l’argile rouge et au blanc d’œuf, illustrant des scènes de batailles entre croisés et Sarrasins, comme la victoire de 1163 à la Bocquée. Ces peintures, partiellement restaurées, mettent en scène des figures historiques comme Hugues le Brun de Lusignan ou l’évêque Adémar, et des symboles comme les fleurs de lys royales. Une croix huguenote, ajoutée après son rachat par l’Église protestante unie de Barbezieux au XXe siècle, témoigne de son usage actuel comme lieu de culte.
Classée Monument Historique en 1914, la chapelle a subi des restaurations controversées avant 1969 et des campagnes récentes (2011 pour l’étanchéité, 2013 pour les fresques). Son plan rectangulaire, ses murs épais et ses contreforts typiques de l’art roman en font un exemple remarquable de l’architecture templière. Une pierre gravée d’une « main de pénitent » sur le mur sud rappelle les rituels médiévaux associés à l’ordre.
Les fresques, étudiées par des historiens comme Paul Deschamps, révèlent des techniques artistiques variées : frises géométriques, scènes narratives en plusieurs étapes, et détails comme les heaumes des chevaliers ou les sabots des chevaux. Leur état actuel résulte aussi d’interventions ultérieures, dont celles du peintre Eugène Sadoux au XIXe siècle, qui compléta certaines lacunes par des interprétations personnelles.
Aujourd’hui propriété de l’Église protestante unie de Barbezieux, la chapelle allie héritage médiéval et usage contemporain. Son histoire reflète les transitions entre ordres militaires, révolutions politiques et préservation patrimoniale, tout en restant un lieu de mémoire des croisades et de l’art roman charentais.