Frise chronologique
1245
Don à l’abbaye de Lérins
Don à l’abbaye de Lérins
1245 (≈ 1245)
Évêque Sigismond cède chapelle et biens
XIIe siècle (2e moitié)
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
XIIe siècle (2e moitié) (≈ 1250)
Deux campagnes distinctes pour nef et abside
XVIe siècle
Abandon comme église paroissiale
Abandon comme église paroissiale
XVIe siècle (≈ 1650)
Remplacée par Notre-Dame de l’Assomption
1697 et 1708
Ordonnances de restauration
Ordonnances de restauration
1697 et 1708 (≈ 1708)
État dégradé signalé par l’évêque
1927
Classement monument historique
Classement monument historique
1927 (≈ 1927)
Protection officielle de l’État
1929
Restauration majeure
Restauration majeure
1929 (≈ 1929)
Travaux post-classement
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La chapelle du cimetière de Vergons : classement par arrêté du 27 mai 1927
Personnages clés
| Sigismond - Évêque de Senez |
Donne la chapelle à Lérins en 1245 |
| Guillaume - Prieur de Vergons (1245) |
Bénéficiaire des biens épiscopaux |
| Jean Soanen - Évêque (visite de 1697) |
Ordone première restauration |
Origine et histoire
La chapelle Notre-Dame de Valvert, située à Vergons dans les Alpes-de-Haute-Provence, est édifiée dans la deuxième moitié du XIIe siècle en deux campagnes distinctes : la première concerne l’abside, les chapelles et les deux dernières travées de la nef, tandis que la seconde achève les deux premières travées. Ce monument roman, orienté nord-sud, présente un plan atypique avec une nef unique de quatre travées, un faux transept formé par deux chapelles latérales à absidioles, et une abside en hémicycle. Construite en grès d’Annot, elle est couverte de tuiles creuses et ornée d’une corniche moulurée en quart-de-rond.
En 1245, Sigismond, évêque de Senez, cède la chapelle et ses biens à l’abbaye de Lérins, qui y établit un prieuré modeste (un prieur et un moine). L’édifice sert d’église paroissiale jusqu’au XVIe siècle, date à laquelle les habitants de Vergons, dont le village était en ruines au XVe siècle, construisent une nouvelle église dans le bourg (Notre-Dame de l’Assomption). La chapelle devient alors un simple lieu de culte funéraire. Les visites pastorales des XVIIe et XVIIIe siècles (1697, 1708) révèlent son état de dégradation, entraînant des ordres de restauration partielle.
Classée monument historique en 1927, la chapelle est restaurée en 1929. Son architecture combine des éléments roman primitifs (voûtes en berceau brisé, cul-de-four) et des ajouts postérieurs, comme le clocher-mur récent. Le cimetière attenant, organisé perpendiculairement à l’allée centrale, date probablement de la construction de la chapelle. Son extension au XXe siècle (années 1920–1930) inclut un monument aux morts et une parcelle supplémentaire. Les tombes, orientées est-ouest, présentent des stèles en pierre calcaire ou grès, ainsi que des croix en fonte ou pierre.
La chapelle illustre l’évolution des pratiques religieuses et funéraires en Provence : d’abord prieuré dépendant de Lérins, puis église paroissiale, elle incarne aujourd’hui le patrimoine roman rural. Son plan irrégulier et ses campagnes de construction successives reflètent les adaptations locales aux besoins liturgiques et communautaires. Les restaurations modernes ont préservé ses caractéristiques médiévales, tout en l’intégrant au paysage mémoriel du village.
Les dimensions de l’édifice (18,20 m de longueur, 11,20–11,64 m de largeur) et ses ouvertures (baies en plein cintre, oculus) soulignent son rôle à la fois spirituel et pratique. La porte sud, en plein cintre, donne accès à un espace où se mêlent histoire religieuse et mémoire collective, marqué par des inscriptions comme REQUIES CANT IN PACE (1880) sur les marches du portail.