Frise chronologique
1580
Fondation du collège
Fondation du collège
1580 (≈ 1580)
Henri de Guise lance la construction.
23 décembre 1588
Assassinat d'Henri de Guise
Assassinat d'Henri de Guise
23 décembre 1588 (≈ 1588)
Retarde les travaux du collège.
1613
Début de la chapelle
Début de la chapelle
1613 (≈ 1613)
Catherine de Clèves reprend les travaux.
1624
Achèvement de la chapelle
Achèvement de la chapelle
1624 (≈ 1624)
Dédiée à Ignace de Loyola.
15 juillet 1627
Commande des mausolées
Commande des mausolées
15 juillet 1627 (≈ 1627)
À Nicolas Guillain et Barthélémy Tremblay.
1762
Fermeture du collège
Fermeture du collège
1762 (≈ 1762)
Bannissement des jésuites de France.
1792
Suppression révolutionnaire
Suppression révolutionnaire
1792 (≈ 1792)
Le collège est aboli en mars.
1846
Classement Monument historique
Classement Monument historique
1846 (≈ 1846)
Protection de la chapelle.
1914
Classement de la porte
Classement de la porte
1914 (≈ 1914)
Entrée protégée par arrêté.
1973
Transfert de la bibliothèque
Transfert de la bibliothèque
1973 (≈ 1973)
Vers le château municipal d’Eu.
29 avril 2022
Inscription partielle
Inscription partielle
29 avril 2022 (≈ 2022)
Façades et toitures du collège protégées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle : classement par liste de 1846 ; Porte d'entrée : classement par journal officiel du 18 avril 1914 ; Les façades et toitures des bâtiments formant l'ancien collège des jésuites, y compris la cave, les sols d'assiette des deux cours et les murs soutenant la terrasse où se trouvent ces bâtiments situés rue du collège, sur les parcelles n° 160 et 173, figurant au cadastre section AR : inscription par arrêté du 29 avril 2022
Personnages clés
| Henri de Guise (dit *le Balafré*) - Duc de Guise et mécène |
Fonda le collège en 1580. |
| Catherine de Clèves - Comtesse d’Eu |
Acheva chapelle et mausolées après 1588. |
| Ignace de Loyola - Fondateur des Jésuites |
Dédicataire de la chapelle en 1613. |
| Nicolas Guillain - Sculpteur |
Auteur des mausolées avec son fils. |
| Barthélémy Tremblay - Sculpteur |
Collabora aux monuments funéraires en 1627. |
Origine et histoire
La chapelle du collège des Jésuites d’Eu fut fondée à la fin du XVIe siècle par les jésuites, sur initiative d’Henri de Guise, dit le Balafré, époux de Catherine de Clèves, comtesse d’Eu. L’assassinat d’Henri en 1588 retarda les travaux, mais Catherine de Clèves les fit reprendre et achever en 1613, ajoutant une chapelle dédiée à Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus. Les mausolées du duc de Guise et de Catherine, commandés en 1627 aux sculpteurs Nicolas Guillain et Barthélémy Tremblay, ornent le chœur. Celui d’Henri, cénotaphe symbolique (son corps fut brûlé), est décoré de bas-reliefs évoquant ses exploits militaires.
Le collège, fermé en 1762 après le bannissement des jésuites, devint un établissement municipal. Pendant la Révolution, il fut supprimé en 1792, mais la ville y maintint l’enseignement. La chapelle, classée Monument historique dès 1846, illustre le style jésuite : façade symétrique à trois travées, mélange de pierre et brique, et influences romaines. Son portail, surmonté d’un bas-relief d’anges supportant un cartouche, est encadré de colonnes toscanes et ioniques. Un oculus et des frontons triangulaires couronnent l’ensemble.
À l’intérieur, les mausolées des Guise-Clèves, encadrés d’allégories (Religion, Force, Prudence, Foi), témoignent de leur mécénat. La chapelle, aujourd’hui lieu d’expositions, conserve aussi des éléments architecturaux comme une tourelle octogonale. Les façades et toitures du collège, ainsi que sa cave et ses cours, furent inscrits en 2022. La bibliothèque, transférée en 1973 au château municipal, avait été négligée pendant 150 ans.
Le site reflète l’histoire religieuse et politique de la Normandie : fondations jésuites au XVIe siècle, transformations révolutionnaires, et préservation patrimoniale précoce. Les sculptures funéraires, œuvres majeures de la Renaissance tardive, soulignent le rôle d’Eu comme foyer artistique sous l’influence des Guise. La chapelle reste un exemple rare en France de ce style hybride, inspiré de l’église jésuite de Rome.