Chapelle du Fraisse à Beauzac en Haute-Loire

Patrimoine classé Eglise romane auvergnat Chapelle romane Clocher-mur

Chapelle du Fraisse

  • Le Fraisse Haut
  • 43590 Beauzac
Chapelle du Fraisse
Chapelle du Fraisse
Crédit photo : Jérôme Marcon - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1600
1700
1800
1900
2000
XIIe siècle
Construction initiale
11 juillet 1273
Changement de propriété
1616
Cession du domaine
Mai 1794
Saccage révolutionnaire
1812
Attribution aux habitants
22 juin 1972
Classement historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Chapelle du Fraisse (ruines) (cad. J 242) : inscription par arrêté du 22 juin 1972

Personnages clés

Nohé de Jourda Acquéreur du domaine en 1616, chargé d'entretenir la chapelle.

Origine et histoire de la Chapelle du Fraisse

La chapelle du Fraisse se situe sur la commune de Beauzac, dans la partie est du département de la Haute-Loire, à mi-hauteur des gorges creusées par la rivière du Ramel, à environ deux kilomètres du confluent du Ramel et de la Loire. Le site domine, au sommet des gorges, le village du Fraisse-Haut et, au fond, les ruines de l'ancien village du Fraisse-Bas, et s’enorgueillit d’un environnement boisé qui explique son toponyme : « Fraisse » dérive du mot frêne, en référence aux nombreux arbres alentour. Bien qu’il ne subsiste aujourd’hui que la chapelle, le domaine fut autrefois agricole et comprenait une maison d’habitation, une grange, une église et un cimetière ; les soubassements de l’habitation attenante sont encore visibles. Des traces de présence humaine ancienne — notamment une pierre à cupules et un mégalithe christianisé — suggèrent que le site a pu être un lieu de culte dès le Néolithique ou à l’époque celtique.

De style essentiellement roman, la chapelle est une nef unique couverte d’une voûte en berceau légèrement brisée ; la porte principale est, en revanche, en ogive, et l’édifice est surmonté de trois clochetons à chapiteaux romans. Le style architectural permet de dater la construction au XIIe siècle. La disposition du bâtiment et les vestiges des soubassements indiquent que les Hospitaliers de l’ordre de Saint‑Jean de Jérusalem ont édifié et exploité le domaine comme ferme commanderie, ils y séjournent jusqu’à la fin du XIIe siècle. Par un échange daté du 11 juillet 1273, la maison et la grange du Fraisse passent aux mains du prieuré des Échelles en Savoie et le domaine devient un prieuré bénédictin dépendant de l’abbaye de Saint‑Chaffre.

Un acte de 1616 atteste ensuite la cession du domaine par les moines du Monastier à Nohé de Jourda, sous forme d’emphytéose, avec l’obligation d’entretenir la chapelle pour le culte des habitants ; des offices réguliers, baptêmes et enterrements, s’y tiennent jusqu’à la Révolution. Pendant celle-ci la chapelle est saccagée et, selon les registres municipaux de Beauzac, tous ses objets de culte ont disparu en mai 1794, sans qu’il soit possible de préciser s’ils ont été emportés pour être protégés ou pillés par les révolutionnaires ; le clocher, lui, n’est pas détruit. En 1812 l’édifice est attribué aux habitants, mais le culte est abandonné en 1817 et après 1821 on ne relève plus de documents faisant état d’obsèques ou d’offices.

Au début du XXe siècle la chapelle est en très mauvais état : la voûte porte la pousse d’un arbre et les dalles du sol ont été vandalisées par des fouilles en quête d’un prétendu trésor. En 1925 la porte latérale moulurée et sculptée est enlevée par le maire. Classée aux monuments historiques depuis le 22 juin 1972, la chapelle a bénéficié de plusieurs campagnes de restauration entre 1970 et 2003 qui ont assuré sa conservation.

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