Frise chronologique
vers 1209
Construction de la chapelle actuelle
Construction de la chapelle actuelle
vers 1209 (≈ 1209)
Remplace un édifice plus ancien (hypothèse).
XIIe siècle
Fondation de la commanderie templière
Fondation de la commanderie templière
XIIe siècle (≈ 1250)
Création du domaine entre Island et Tharoiseau.
début XIVe siècle
Transfert aux Hospitaliers
Transfert aux Hospitaliers
début XIVe siècle (≈ 1404)
Suite à la dissolution des Templiers.
1569
Incendie pendant les guerres de Religion
Incendie pendant les guerres de Religion
1569 (≈ 1569)
Reconstruction par les Hospitaliers.
1789
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1789 (≈ 1789)
Devenue étable puis ferme modèle.
1960
Classement monument historique
Classement monument historique
1960 (≈ 1960)
Protection officielle du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle du Saulce (cad. G 86) : classement par arrêté du 13 avril 1960
Personnages clés
| Jacques-François Baudiau - Historien local |
Évoque la construction vers 1209. |
| Commandeur des Hospitaliers (XVIe siècle) - Reconstructeur de la chapelle |
Après l’incendie de 1569. |
| Propriétaires actuels - Rénovateurs du monument |
Restauration respectueuse depuis le XXe siècle. |
Origine et histoire
La chapelle du Saulce, dédiée à Notre-Dame-du-Saint-Saulce, est l’un des rares vestiges d’une grande commanderie templière fondée au XIIe siècle entre les villages d’Island et Tharoiseau (Yonne). Ce domaine s’étendait sur 200 hectares, combinant activités agricoles, viticoles et forestières, avec une cinquantaine de moines permanents et jusqu’à 150 convers (travailleurs laïcs). La chapelle actuelle, de plan rectangulaire (24 m x 8,50 m) et haute de 17 m sous voûte, aurait remplacé un édifice plus ancien vers 1209. Son architecture sobre, typique des Templiers, inclut une nef à trois travées éclairée par des fenêtres à meneaux trilobés, des arcs-doubleaux, et un portail orné d’un tympan sculpté représentant une Vierge à l’Enfant entre deux donateurs barbus, peut-être des templiers.
À la suite de la disgrâce des Templiers au début du XIVe siècle, la commanderie passe aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, basés à Pontaubert. La chapelle, incendiée en 1569 pendant les guerres de Religion, est reconstruite par les Hospitaliers. Après la Révolution, le domaine est vendu comme bien national et transformé en étable, puis en ferme modèle au XIXe siècle. Classée monument historique en 1960, elle est aujourd’hui une résidence privée rénovée avec un aménagement intérieur réversible pour préserver son patrimoine. À proximité, la source Sainte-Anne et les vestiges d’un étang asséché (alimenté par une digue de 200 m) rappellent son rôle pastoral et agricole.
La chapelle se distingue par des éléments défensifs discrets, comme une tour d’angle à meurtrières dissimulant un escalier vers la charpente, et des corbeaux suggérant l’existence d’un ancien porche. Son tympan endommagé et sa statue de Notre-Dame-du-Saulce (aujourd’hui à Pontaubert) témoignent de son importance religieuse. Située près du chemin de Compostelle reliant Avallon à Vézelay, la commanderie jouait aussi un rôle dans la protection des pèlerins, avant de décliner après le transfert aux Hospitaliers. Les occupants actuels ont restauré le bâtiment en respectant son intégrité, comme en témoigne une émission télévisée sur M6.
Le site conserve des traces de son passé agricole, comme la chaussée du réservoir, une digue de 5 m de haut qui alimentait un étang pour le bétail et la cavalerie. Cet ensemble, bien que partiellement disparu, offre un aperçu des commanderies bourguignonnes du Moyen Âge, souvent confondues avec d’autres sites homonymes (comme le Saulce-d’Escolives près d’Auxerre). La chapelle, bien que non ouverte régulièrement au public, reste un exemple remarquable de l’architecture templière adaptée aux besoins locaux, entre spiritualité, défense et exploitation des terres.