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Chapelle funéraire de la famille Le Cosquinot à Ancy-le-Franc dans l'Yonne

Chapelle funéraire de la famille Le Cosquinot

    38 Rue de l'Église
    89160 Ancy-le-Franc
Propriété privée
Chapelle funéraire de la famille Le Cosquinot
Chapelle funéraire de la famille Le Cosquinot
Crédit photo : Auteur inconnu - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1900
2000
1526
Construction de la chapelle
10 novembre 1925
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Chapelle funéraire de la famille Le Cosquinot : inscription par arrêté du 10 novembre 1925

Personnages clés

Jean Le Cosquyno - Seigneur de Fulvy et procureur du roi Commanditaire de la chapelle en 1526.
Odon Le Cosquyno - Aïeul de Jean Le Cosquyno Mentionné sur la plaque de fondation.
Jeanne (membre de la famille Le Cosquyno) - Ascendante de Jean Le Cosquyno Citée dans l’inscription funéraire interne.

Origine et histoire

La chapelle funéraire de la famille Le Cosquinot, située dans le cimetière nord d’Ancy-le-Franc (Yonne), fut construite en 1526 pour Jean Le Cosquyno, seigneur de Fulvy et procureur du roi. Ce monument de plan rectangulaire, couvert d’une voûte d’ogives à liernes et tiercerons, illustre l’architecture gothique flamboyante par ses détails sculptés : clef pendante, fenêtre en arc brisé à remplage, et niche-lavabo monolithe. La façade en pierre de taille arbore un portail rectangulaire encadré de pilastres, surmonté d’une niche et d’un couronnement sculpté, tandis que les pignons découverts portent des crossettes et une statue de saint moine en amortissement. Plusieurs inscriptions en lettres gothiques, gravées sur les corniches et chapiteaux, mêlent dédicaces religieuses et références à la famille commanditaire, comme la plaque de fondation encastrée dans le mur droit, évoquant Jean Le Cosquyno et ses ascendants.

L’édifice, inscrit aux monuments historiques en 1925, se distingue par son toit en bâtière couvert de tuiles plates et son décor extérieur riche en symboles chrétiens. Les textes latins gravés, tels que « L AN MVC XXVI CESTE CHAPELLE A ETE BASTIE » ou « GLORIA IN CHRISTO PRO NOBIS », soulignent la dimension spirituelle et commémorative du lieu, dédié à la Sainte-Croix et à la sépulture familiale. À l’intérieur, la plaque de fondation détaille la généalogie des Le Cosquyno et leur volonté d’ériger ce sacellum pour honorer leurs défunts, dont Odon et Jeanne, mentionnés comme aïeuls. L’ensemble reflète à la fois le statut social de la famille — proche du pouvoir royal — et les pratiques funéraires de l’aristocratie bourguignonne au XVIe siècle, où chapelles privées et décors héraldiques affirmaient la piété et le lignage.

La localisation de la chapelle dans l’Yonne, région marquée par un patrimoine religieux dense, s’inscrit dans un contexte de Renaissance artistique et de réformes religieuses. Ancy-le-Franc, proche du château éponyme (joyau de la Renaissance française), bénéficiait alors d’un rayonnement culturel lié à la cour et aux élites locales. Les inscriptions latines, mêlant prières et devises morales comme « INVIDIAM VIRTUTE PARA VINCASQUE FERENDO » (« Prépare-toi à vaincre l’envie par la vertu et l’endurance »), révèlent une éducation humaniste et une volonté d’exemplarité. Enfin, la présence de motifs comme la coquille (symbole de pèlerinage) ou les pilastres à l’antique témoigne de l’influence conjuguée du gothique tardif et des premières inspirations classiques, caractéristiques de la transition stylistique du début du XVIe siècle.

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