Frise chronologique
1067
Fondation initiale
Fondation initiale
1067 (≈ 1067)
Hugo Broc édifie une première chapelle.
XIIe siècle
Émergence du fief
Émergence du fief
XIIe siècle (≈ 1250)
Attesté par la cuve baptismale.
1536
Charpente datée
Charpente datée
1536 (≈ 1536)
Poutres sculptées et signées.
1763
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1763 (≈ 1763)
Cloche en bronze *Marguerite* ajoutée.
29 janvier 1829
Fusion communale
Fusion communale
29 janvier 1829 (≈ 1829)
La Chapelle-Heuzebrocq rattachée à Beuvrigny.
1959
Classement partiel
Classement partiel
1959 (≈ 1959)
Charpente et sablières protégées.
1980–2002
Restauration moderne
Restauration moderne
1980–2002 (≈ 1991)
Toit refait et vitraux posés.
2003
Inscription totale
Inscription totale
2003 (≈ 2003)
Chapelle protégée hors parties classées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les trois fermes de la charpente de la nef avec entraits et poinçons apparents et sculptés, signés et datés ; les sablières des sept travées de la chapelle : classement par arrêté du 27 février 1959 - La chapelle en totalité, à l'exception des parties classées (cad. ZC 30) : inscription par arrêté du 28 août 2003
Personnages clés
| Hugo Broc - Fondateur présumé |
Édifie la première chapelle en 1067. |
| Hugues de Farcy - Seigneur du XIIe siècle |
Associé à la cuve baptismale. |
| Charles Jean Théodose Buron - Marquis de Moges |
Parrain de la cloche *Marguerite* (1714). |
| Marguerite Vacor de Mortemer - Marquise de Moges |
Marraine de la cloche *Marguerite* (1714). |
Origine et histoire
La chapelle Heuzebrocq, initialement nommée Notre-Dame de La Chapelle-Heuzebrocq, trouve ses origines au XIe siècle lorsque Hugo Broc y édifie une première chapelle, donnant son nom au lieu (« Heuzebrocq », heuze signifiant réserve de chasse en normand). Le fief émerge au XIIe siècle, attesté par une cuve baptismale encore visible, et la chapelle est profondément remaniée après la guerre de Cent Ans, avec des ouvertures redessinées au XVIe siècle. Les poutres datées de 1536, ornées de moulures et d’inscriptions gothiques, ainsi que trois fermes de charpente sculptées et signées, témoignent de cette période faste. La Révolution française marque un tournant : la chapelle latérale sud est détruite, et l’arcade bouchée, tandis que la commune de La Chapelle-Heuzebrocq, après une résistance acharnée (1807–1829), est absorbée par Beuvrigny en 1829, entraînant l’abandon progressif du lieu.
Au XIXe siècle, la chapelle tombe en ruine, perdant son statut central dans le hameau rural. Ce n’est qu’en 1980 qu’un toit est restauré, suivi en 2002 par la pose de vitraux contemporains, redonnant vie à l’édifice. La façade, remaniée au XVIIIe siècle, et le clocher-peigne érigé en 1763 complètent son architecture hybride, mêlant éléments médiévaux et modernes. La chapelle abrite aussi un mobilier remarquable : une statue de saint Laurent (XVe–XVIe siècle), un bas-relief des Apôtres lié au retable de Rouxeville, et une cloche en bronze de 1714 nommée Marguerite, classée monument historique. Ces objets, associés aux invocations locales (saint Laurent pour les brûlures, saint Loup pour les peurs infantiles), soulignent son rôle spirituel et communautaire.
La protection de la chapelle s’étend sur deux niveaux : les trois fermes de charpente et les sablières sont classées dès 1959 pour leur valeur artistique et historique, tandis que l’ensemble du bâtiment (hors parties classées) est inscrit en 2003. Les dates gravées in situ (1699, 1723, 1753) révèlent des campagnes de réfection, comme la reconstruction du clocher-peigne ou l’agrandissement des fenêtres. Aujourd’hui propriété communale, la chapelle illustre l’évolution architecturale normande, des origines médiévales aux restaurations contemporaines, tout en conservant des traces tangibles de sa vie liturgique et sociale passée.