Origine et histoire de la Chapelle Notre-Dame de Benva
La chapelle Notre-Dame de Benva, aussi appelée Notre-Dame de Belval ou des Salettes, est une chapelle catholique construite au XVe siècle (1458) à Lorgues, dans le Var, sur une voie secondaire du chemin de Compostelle. Son nom provençal « Ben vaï » (« Bon voyage ») évoque son rôle protecteur pour les voyageurs. Selon la légende, elle aurait été fondée en remerciement pour la disparition d’une bête féroce terrorisant la région. La chapelle, dédiée à l’Annonciation, abrite des fresques exceptionnelles du début des années 1510, représentant le Purgatoire, le Paradis et des scènes bibliques, attribuées à un peintre itinérant piémontais ou à Hans Clemer.
Classée monument historique en 1929, la chapelle a subi plusieurs restaurations, notamment en 1931, 1958, 1984 et 1990-1995, sous l’impulsion de l’association Amis de Saint-Ferréol et du Vieux Lorgues et de la commune. Sa cloche originale de 1655, fondue pendant la Révolution, fut remplacée en 1840. En 1988, des grilles furent posées pour protéger les fresques du vandalisme. Entre 2013 et 2016, une restauration majeure concerna la charpente, la toiture et le clocheton, financée en partie par la DRAC.
Les fresques, étudiées dès 1870 par l’abbé Bérard, illustrent une dévotion locale intense. Sous le porche, on trouve l’Annonciation, saint Martin et saint Bernard, tandis qu’à l’intérieur, le Purgatoire montre des anges offrant des rafraîchissements aux âmes. Le jugement dernier et l’Enfer, partiellement effacés, laissent subsister saint Michel terrassant le démon. Ces œuvres, parmi les rares représentations médiévales du Purgatoire en Provence, témoignent d’un art religieux marqué par les influences alpines et les croyances eschatologiques de l’époque.
Jusqu’en 1942, un chemin passant sous le porche reliait Lorgues à Entrecasteaux. La chapelle, propriété communale, reste un lieu de patrimoine actif, lié à des légendes locales et à l’histoire des pèlerinages. Son retable baroque et sa toile de l’Annonciation, restaurés en 1989, complètent un ensemble artistique remarquable, reflet de la piété et de l’art médiéval provençal.