Frise chronologique
XIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIIe siècle (≈ 1350)
Vœu du seigneur de Lafaye de Chardeuil.
1450 (après)
Destruction par crue
Destruction par crue
1450 (après) (≈ 1450)
Pont et chapelle emportés par l’Isle.
XVe–XVIe siècles
Reconstruction
Reconstruction
XVe–XVIe siècles (≈ 1650)
Déplacement près de l’église paroissiale.
1679
Agrandissement
Agrandissement
1679 (≈ 1679)
Financé par la famille de Lestrade.
1789–1799
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1789–1799 (≈ 1794)
Projet avorté de transformation en cabaret.
1861
Restauration intérieure
Restauration intérieure
1861 (≈ 1861)
Travaux majeurs sur le bâtiment.
11 mai 1938
Classement MH
Classement MH
11 mai 1938 (≈ 1938)
Inscription aux monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Notre-Dame : inscription par arrêté du 11 mai 1938
Personnages clés
| Seigneur de Lafaye de Chardeuil - Fondateur légendaire |
Fit vœu de construire la chapelle. |
| Famille de Lestrade de Conty - Bienfaiteurs |
Donna le terrain et finança l’agrandissement. |
| Jean Besseyrias - Maître verrier |
Auteur des vitraux (1876). |
| Grandchamp Henry - Acquéreur révolutionnaire |
Tenta de la transformer en cabaret. |
Origine et histoire
La chapelle Notre-Dame de Coulaures trouve son origine dans une légende du XIIIe siècle. Selon la tradition, le seigneur de Lafaye de Chardeuil, menacé de naufrage dans le golfe de Gascogne, fit le vœu de construire une chapelle dédiée à la Vierge s’il survivait. De retour sain et sauf, il érigea une petite chapelle de cinq pieds de large sur une arche du pont franchissant l’Isle, près de Coulaures. Ce premier édifice, modeste, fut emporté par les crues de l’Isle après 1450, lors d’une inondation qui détruisit aussi une partie du pont.
La chapelle fut reconstruite après huit années de calamités (grêle, inondations) attribuées par les habitants à sa destruction. Cette fois, elle fut édifiée non plus sur le pont, mais près de l’église paroissiale, sur un terrain donné par la famille de Lestrade de Conty. Les dimensions passèrent à 23 pieds de large pour 10 de profondeur. Dès lors, des processions annuelles s’y tinrent le lundi de Pentecôte, et la chapelle devint un lieu de dévotion réputé, attirant même des membres du chapitre de Périgueux pour la fête de l’Assomption.
Au XVIIe siècle, la chapelle fut agrandie grâce à la famille de Lestrade de Conty, portant sa longueur à 33 pieds tout en conservant sa largeur. Une grille de 10 pieds de haut permettait aux pèlerins de voir l’intérieur sans y entrer. Pendant la Révolution, vendue comme bien national au citoyen Grandchamp Henry, elle échappa à une transformation en cabaret grâce à l’opposition des habitants. La statue de la Vierge fut sauvée par une femme pieuse, puis réinstallée après les troubles. Restaurée en 1861, elle conserve aujourd’hui un autel à colonnes sculptées et des vitraux de Jean Besseyrias (1876).
Classée monument historique en 1938, la chapelle illustre l’architecture religieuse périgourdine, avec son plan rectangulaire et son plafond lambrissé. Son histoire mêle dévotion populaire, légendes locales et résilience face aux catastrophes naturelles, tout en reflétant les bouleversements politiques et sociaux de la France, de l’Ancien Régime à la Révolution.