Origine et histoire
La chapelle Notre-Dame de Foncourrieu, située à Marcillac-Vallon dans l’Aveyron, trouve son origine dans une légende du XIVe siècle. En 1338, une noble dame, attaquée par un serpent dans un lieu envahi de ronces, aurait invoqué la Vierge Marie, qui serait apparue pour la sauver. En remerciement, la dame fit ériger une chapelle dédiée à Marie, expliquant ainsi l’anse en forme de serpent du tassou local. La première mention écrite du sanctuaire date de 1351, lorsqu’il dépendait du chapitre de Conques. En 1380, une léproserie de quatre lits fut ouverte dans son jardin, financée par Guillaume de Laparra, seigneur de Gradels, avec l’approbation de l’évêque Gilbert de Cantobre et de Jean d’Armagnac.
En 1388, la chapelle fut agrandie par l’ajout d’une nef, consacrée l’année suivante par Jean, évêque in partibus, représentant Henri de Sévery. Les arcs de la voûte portent l’inscription « Consecrata 1388 ». Le site devint un lieu de dévotion pour les jeunes mères, qui y déposaient des offrandes de laine. Au XVIIe siècle, le prieuré fut construit et relié à la chapelle par une tribune, sous la dépendance de l’abbaye de Conques. En 1640, la paroisse adopta le vœu de Louis XIII, instaurant une procession annuelle le 15 août. Les paroisses voisines, comme Saint-Austremoine, s’y rendirent en pèlerinage dès 1642.
La chapelle connut des embellissements majeurs au XVIIe siècle : en 1680, la voûte du chœur fut peinte avec quatre cartouches dédiés à la Vierge, et en 1703, un moine de Conques décora la nef de 200 carrés représentant Marie, le Christ et des saints. En 1691, trois lampes d’argent furent fondues sur ordre royal. Pendant la Révolution, la chapelle fut pillée en 1793 : sa statue de la Vierge, scié en deux, fut partiellement sauvée par une habitante. Rachetée en 1804, elle fut restaurée en 1887 par François Mahoux, qui reconstitua la partie manquante. En 1901, la statue fut solennellement couronnée par l’évêque de Rodez, en présence de trois autres prélats.
Le sanctuaire abrite une statue de la Vierge en bois peint (XIVe siècle), représentant Marie à 15 ans dans une posture d’orante, vêtue d’une robe rouge et d’un manteau bleu. Vénérée par les vignerons et les mineurs, elle était aussi invoquée pour protéger les enfants. Les retables, datant des XVIIe et XIXe siècles, illustrent des scènes comme l’Annonciation ou l’Assomption. La voûte de la nef, divisée en 200 carrés, célèbre Marie et les saints, tandis que les murs portaient autrefois des ex-voto, tradition reprise de 1904 à 1969. La chapelle, inscrite aux monuments historiques en 1988, reste un lieu de pèlerinage, notamment pour les malades, les enfants, et les paroisses locales.
Les pèlerinages annuels rythment encore la vie du sanctuaire : le dimanche précédant l’Ascension pour les paroisses du Vallon, le lundi de Pentecôte pour les enfants, et le dernier dimanche de juin pour les malades. En 1951, la statue participa à l’Ostension des Madones du Rouergue, présidée par le futur pape Jean XXIII. Les peintures de la voûte du chœur furent restaurées en 1983, préservant ce patrimoine artistique et spirituel lié à l’histoire de Conques et de Rodez.