Frise chronologique
1515
Apparitions mariales
Apparitions mariales
1515 (≈ 1515)
La Vierge apparaît à Anglèze de Sagazan.
1540
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1540 (≈ 1540)
Remplace la première chapelle près de la source.
1620
Façade jésuite
Façade jésuite
1620 (≈ 1620)
Réalisée par Pierre II Souffron.
1792
Fermeture révolutionnaire
Fermeture révolutionnaire
1792 (≈ 1792)
Pèlerinages interdits pendant 44 ans.
1836
Rachat par l’évêque
Rachat par l’évêque
1836 (≈ 1836)
Pierre-Michel-Marie Double relance le sanctuaire.
1924
Classement monument historique
Classement monument historique
1924 (≈ 1924)
Protection de la chapelle et de ses éléments.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle (cad. F 214) : classement par arrêté du 8 février 1924 ; Façades et toitures des deux bâtiments en équerre au Nord de la chapelle, actuellement collège (cad. F 439) : classement par arrêté du 21 mars 1983
Personnages clés
| Anglèze de Sagazan - Voyante des apparitions |
Bergère à qui la Vierge serait apparue en 1515. |
| Pierre II Souffron - Architecte de la façade |
A conçu la façade jésuite en 1620. |
| Pierre-Michel-Marie Double - Évêque de Tarbes |
Rachète le sanctuaire en 1836. |
| Jean-Louis Peydessus - Fondateur du collège |
Dirige l’établissement à partir de 1841. |
| Pierre Affre - Sculpteur du retable |
Auteur du retable monumental en 1635. |
| François Lay - Ancien élève et baryton |
Formé à la maîtrise musicale de Garaison. |
Origine et histoire
La chapelle Notre-Dame-de-Garaison, située à Monléon-Magnoac dans les Hautes-Pyrénées, trouve son origine en 1515 lorsque la Vierge Marie serait apparue trois fois à la jeune bergère Anglèze de Sagazan. Les messages transmis — « Ici, je répandrai mes dons », « Je veux qu’on construise une chapelle » — conduisent à l’édification d’une première chapelle près d’une source, remplacée en 1540 par l’actuelle, classée monument historique en 1924. Le nom Garaison, d’origine gasconne signifiant « guérison », reflète la réputation miraculeuse du lieu, autrefois le plus fréquenté du sud de la France avant l’essor de Lourdes en 1858.
Au XVIIe siècle, sous l’impulsion de l’évêque d’Oloron et des religieux, Garaison devient un haut lieu de pèlerinage et d’enseignement. Une école musicale de renom y forme des chantres et instrumentistes, comme le baryton François Lay. La Révolution française interrompt cette activité en 1792, et le sanctuaire reste fermé 44 ans. Rachat en 1836 par l’évêque de Tarbes, il renaît comme collège en 1841 sous la direction du père Peydessus, avant d’être fermé en 1903 par la loi sur les congrégations. Le site, marqué par des scandales judiciaires depuis 1991, reste un lieu de culte et d’éducation géré depuis 2015 par la Congrégation de Sainte-Croix.
L’architecture de la chapelle mêle styles du XVIe et XVIIe siècles, avec une façade jésuite de 1620 signée Pierre II Souffron. À l’intérieur, des fresques du XVIIe siècle, un retable monumental commandé en 1635 à l’atelier toulousain de Pierre Affre, et des peintures murales restaurées illustrent les miracles attribués à la Vierge. Le narthex, orné en 1702 par le père Luc Cayre, et le cloître accessible depuis ce porche, abritent des scènes de processions et des médaillons célébrant les grâces obtenues. La crypte conserve les restes d’Anglèze de Sagazan, rappelant l’origine du sanctuaire.
Le site a connu des périodes troubles, notamment pendant les guerres de Religion (1569, 1589) et la Révolution, où il fut transformé en fabrique de salpêtre. Au XIXe siècle, le couronnement de la Vierge en 1865, demandé par l’évêque Bertrand Laurence, renforce son prestige. Cependant, des affaires judiciaires récentes — viols, abus de confiance, et condamnations d’anciens surveillants entre 1991 et 2025 — ont entaché sa réputation. Malgré ces épreuves, Garaison reste un symbole du patrimoine religieux et éducatif pyrénéen, alliant histoire, art et dévotion mariale.
Les éléments protégés incluent la chapelle (classée en 1924), les façades du collège (1983), et des objets mobiliers comme le retable ou les statues. Les peintures murales, restaurées au XXe siècle, témoignent de la richesse iconographique du lieu, tandis que la source miraculeuse, antérieure aux apparitions, attire toujours des fidèles. Aujourd’hui, le sanctuaire et son institution scolaire, comptant plus de 600 élèves, perpétuent une tradition vieilles de cinq siècles, entre mémoire historique et défis contemporains.