Frise chronologique
1439
Première mention écrite
Première mention écrite
1439 (≈ 1439)
Testament d'un ecclésiastique quimpérois citant Kerdévot.
1470-1490
Construction du chœur
Construction du chœur
1470-1490 (≈ 1480)
Période de reconstruction post-guerre de Succession.
1489
Date de la maîtresse-vitre
Date de la maîtresse-vitre
1489 (≈ 1489)
Vitrail portant cette date dans le chevet.
1556
Inauguration de la chapelle
Inauguration de la chapelle
1556 (≈ 1556)
Date supposée de sa consécration officielle.
1701
Destruction du clocher
Destruction du clocher
1701 (≈ 1701)
Renversé par une tempête, reconstruit en 1702.
1795
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1795 (≈ 1795)
Rachetée par les paroissiens en 1804.
9 mai 1914
Classement monument historique
Classement monument historique
9 mai 1914 (≈ 1914)
Protection de la chapelle, du calvaire et de la sacristie.
1973
Vol du retable flamand
Vol du retable flamand
1973 (≈ 1973)
Onze statues dérobées, partiellement retrouvées en 1974.
2013
Restauration du retable
Restauration du retable
2013 (≈ 2013)
Remise en place après des années de travaux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle de Kerdevot et le calvaire en dépendant : classement par arrêté du 9 mai 1914
Personnages clés
| Yves Toullalan - Chantre de la cathédrale de Quimper |
Dona 33 écus en 1598 après une épidémie. |
| François Liziart - Seigneur de Kergonan |
Contribua à l'édification au XVe siècle. |
| Famille de Tréanna - Seigneurs d'Elliant |
Mécènes, armes visibles dans les vitraux. |
| Jérôme Crédou - Prête-nom et futur maire |
Racheta la chapelle en 1795 pour la commune. |
| Alain Dumoulin - Recteur réfractaire |
Se réfugia à Kerdévot pendant la Révolution. |
| Eugène Boudin - Peintre |
Immortalisa le pardon en 1855-1857. |
Origine et histoire
La chapelle Notre-Dame de Kerdévot, située à Ergué-Gabéric en Bretagne, trouve ses origines dans une légende liée à la peste d'Elliant au XVe siècle. Selon la tradition, la Vierge aurait protégé la paroisse d'Ergué-Gabéric de l'épidémie qui ravageait la région, inspirant la construction d'un sanctuaire en son honneur. Le nom Kerdévot (lieu des dévots en breton) reflète cette origine miraculeuse. Le premier témoignage écrit date de 1439, mais l'édifice actuel, de style gothique flamboyant, fut principalement bâti entre les XVe et XVIe siècles, avec des ajouts aux XVIIe et XVIIIe siècles.
La chapelle est un exemple remarquable de l'architecture religieuse bretonne post-guerre de Succession (1341-1364), période de reconstruction marquée par le mécénat des ducs de Bretagne et des seigneurs locaux comme les Tréanna d'Elliant. Son retable flamand (1480-1490), importé d'Anvers, et sa maîtresse-vitre datée de 1489 illustrent la richesse artistique de l'époque. Le site, classé monument historique en 1914, inclut un calvaire du XVIe siècle et une fontaine gothique réputée pour ses vertus curatives, liée aux dévotions mariales.
Au XVIIe siècle, la chapelle devient un lieu de pèlerinage majeur en Cornouaille, attirant des milliers de fidèles lors de son grand pardon annuel, le second dimanche de septembre. Les dons affluent après chaque épidémie de peste (1533, 1565, etc.), finançant des embellissements comme la sacristie (1705) ou la reconstruction du clocher après sa destruction par une tempête en 1701. La Révolution française interrompt temporairement son activité : vendue comme bien national en 1795, elle est rachetée par les paroissiens via une souscription et rétrocédée à la commune en 1804.
Le XIXe siècle voit la perpétuation des traditions, avec des pardons décrits par des artistes comme Eugène Boudin ou Jean-Marie Déguignet, qui soulignent son caractère à la fois religieux et festif. La chapelle, troisième pèlerinage le plus fréquenté de l'évêché de Cornouaille à la fin de l'Ancien Régime, décline au XXe siècle, avant un regain d'intérêt après le vol partiel de son retable en 1973. Aujourd'hui, elle allie culte marial, tourisme patrimonial et marché bio hebdomadaire, perpétuant son rôle central dans la vie locale.
L'architecture de Kerdévot mêle influences gothiques (voûtes lambrissées, pinacles, maître-vitre) et classiques (sacristie du XVIIIe). Son enclos, typique des placîtres bretons, abrite un calvaire aux statues disparues et une fontaine armoriée liée aux familles Guengat et Tromelin. Le retable, classé en 1898, représente six scènes de la vie de la Vierge, dont deux ajoutées au XVIIIe siècle. La chapelle, avec son mobilier et son placître, est protégée au titre des monuments historiques depuis 1914, et son site est inscrit en 1931.
Les cérémonies traditionnelles, comme le pardon des chevaux (25 juin) ou le pardon du silence (Jeudi saint), ont disparu ou été relancées (pèlerinage du silence en 2009). Le grand pardon de septembre reste l'événement phare, attirant des fidèles des pays Glazik, Fouesnantais et Bigouden. La chapelle, ouverte l'été, symbolise la fusion entre patrimoine religieux, identité bretonne et vie communautaire, de l'époque médiévale à aujourd'hui.