Origine et histoire de la Chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté
La chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté est située au lieu-dit Locadour, sur la commune de Kervignac, dans le Morbihan. Construite à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle, elle se distingue par son plan en équerre, formé par une nef unique prolongée d’un chœur et d’un bras nord. La façade ouest, en grand appareil de pierre de taille, est cantonnée de contreforts aux pinacles partiellement détruits. Un escalier intégré au rampant nord mène au clocher, tandis que la façade sud présente une porte en anse de panier surmontée d’un blason effacé. Le chevet, en moellon et enduit, a été reconstruit après 1945, et son remplage semble repris à la fin du XIXe siècle.
Le nom Locadour évoque Katur (ou Cathur), compagnon des saints Cado et Goal, missionnés au Ve ou VIe siècle par le comte Guerec’h de Vannes pour lutter contre des fléaux agricoles. La chapelle actuelle résulte de plusieurs campagnes de construction : la nef date de la fin du XVe siècle, tandis que l’aile nord, reconstruite au XVIIe siècle, réemploie des éléments médiévaux comme une porte et une fenêtre du XVe. La sacristie polygonale, ajoutée entre la fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle, marque l’angle des deux vaisseaux. Une fontaine moderne, remontée près du chœur, complète l’ensemble.
Classée monument historique en 1925, la chapelle conserve des traces de blasons disparus, notamment sur le bénitier, où subsiste un fasce surmonté de trois coquilles, peut-être lié à la famille Lopriac. Les modifications ultérieures (fenêtre du XVIIe siècle, retable disparu, enduit de ciment post-Seconde Guerre mondiale) témoignent de son évolution architecturale. Le site, propriété communale, s’inscrit dans un paysage marqué par la dévotion mariale et l’histoire religieuse bretonne.
L’édifice illustre les techniques constructives médiévales et modernes, mêlant pierre de taille, moellons et réemplois. Son accès par l’ouest, souligné par une façade ouvragée, contraste avec la simplicité du chevet. Les contreforts, les pinacles fragmentaires et les baies en arc brisé rappellent le gothique flamboyant, tandis que les ajouts des XVIIe–XVIIIe siècles reflètent les adaptations liturgiques et communautaires. La chapelle reste un témoignage de la piété locale et des légendes hagiographiques bretonnes, comme celle de saint Gurthiern et de ses compagnons.