Frise chronologique
1445
Début présumé de la construction
Début présumé de la construction
1445 (≈ 1445)
Date gravée sur un pilier, attribuée à Guillaume Quintin.
1463
Legs pour les travaux
Legs pour les travaux
1463 (≈ 1463)
Jean du Parcneuff lègue du froment pour l’œuvre.
1904
Premier classement Monument Historique
Premier classement Monument Historique
1904 (≈ 1904)
Protection officielle de la chapelle et de son enclos.
août 1944
Miracle de la brume protectrice
Miracle de la brume protectrice
août 1944 (≈ 1944)
Événement lié à la reddition allemande sans combat.
1995
Incendie majeur
Incendie majeur
1995 (≈ 1995)
Dégâts importants nécessitant des restaurations.
3 mai 2023
Fermeture au public
Fermeture au public
3 mai 2023 (≈ 2023)
Arrêté municipal pour risques d’effondrement.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle de Notre-Dame de la Clarté, et le mur qui entoure l'ancien cimetière (cad. AI 100) : classement par décret du 28 mai 1915
Personnages clés
| Pierre de Tournemine - Seigneur de Barac’h (tradition locale) |
Commanditaire présumé après un miracle en mer. |
| Roland IV de Coëtmen - Seigneur de Ker Uzec et croisé |
Fondateur attesté par les armoiries en 1627. |
| Yvon de Lannion - Lieutenant général de l’amirauté bretonne |
Financeur de la chapelle seigneuriale sud. |
| Maurice Denis - Peintre nabis (1870–1943) |
Auteur du chemin de croix (XXe siècle). |
| Guillaume Quintin - Prêtre promoteur des travaux |
Nom gravé sur un pilier de la nef. |
| Geoffroy de Tournemine - Évêque de Tréguier (XIIIe siècle) |
Lien familial présumé avec les fondateurs. |
Origine et histoire
La chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté, située à Perros-Guirec dans les Côtes-d’Armor, est un édifice religieux du XVe siècle, emblématique du style flamboyant breton. Selon la tradition locale, sa construction fut ordonnée en 1445 par Pierre de Tournemine, seigneur de Barac’h, après qu’un miracle — une trouée dans le brouillard — ait sauvé son escadre d’un naufrage près des Sept-Îles. Ce récit, transmis depuis le XVe siècle, lie l’édifice à une dévotion mariale forte, typique de la Bretagne de l’époque.
L’histoire de la chapelle est marquée par des épisodes miraculeux, dont celui d’août 1944, où une épaisse brume aurait protégé Perros-Guirec des bombardements allemands et alliés pendant quatre jours, conduisant à la reddition des troupes allemandes sans combat. Cet événement renforça le culte de Notre-Dame de la Clarté, couronnée « Reine de la Paix » après la guerre. La chapelle, classée Monument Historique dès 1904, abrite un remarquable chemin de croix peint par Maurice Denis au XXe siècle et des ex-votos marins témoignant de sa dimension protectrice.
L’architecture de la chapelle se distingue par son clocher ajouré en granit rose, implanté à 45° par rapport à la nef, une singularité en Bretagne. À l’intérieur, le porche sud, voûté d’ogives, abrite des statues du XVIIe siècle en bois polychrome, dont une Vierge à l’Enfant et une Sainte Anne enseignant à Marie. La nef, courte et flanquée d’un unique bas-côté nord, conserve des traces de son jubé du XVe siècle, détruit au XIXe siècle. Les vitraux, réalisés au XXe siècle par l’atelier de Quintin, et la maîtresse-vitre flamboyante complètent cet ensemble artistique.
La chapelle est aussi le théâtre d’un pardon annuel, les 14 et 15 août, mêlant processions, messes solennelles et le « tantad », un feu d’ajoncs allumé sur un tertre dominant la mer. Cet événement, présidé par un évêque invité, attire des fidèles en costumes traditionnels bretons et célèbre à la fois la pénitence et la protection mariale. Malgré des incendies (1995) et des problèmes structurels récents (fermeture en 2023 pour infiltrations), la chapelle reste un symbole spirituel et patrimonial majeur de la région.
Les fondateurs présumés de la chapelle font débat : si la tradition locale attribue sa construction à Pierre de Tournemine, des archives du XVIIe siècle révèlent les armoiries de Roland IV de Coëtmen, seigneur de Ker Uzec et croisé, mort vers 1470. Ce dernier, proche du duc Jean V de Bretagne, aurait financé une partie des travaux, aux côtés de la famille de Lannion, dont Yvon, lieutenant général de l’amirauté bretonne. Ces nobles, liés aux du Guesclin et aux Chateaubriand, illustrent l’ancrage aristocratique et maritime de l’édifice.
Aujourd’hui, la chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté, propriété de la commune, est fermée au public depuis mai 2023 en raison de risques d’effondrement. Son association de sauvegarde, dissoute, ne peut plus assurer sa promotion, mais une visite virtuelle et des photographies des œuvres (comme le chemin de croix de Maurice Denis) restent accessibles en ligne. Son classement au titre des Monuments Historiques en 1915 souligne son importance patrimoniale, malgré les défis de sa préservation.