Frise chronologique
fin XIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
fin XIIIe siècle (≈ 1395)
Chapelle fondée, statue de Vierge allaitante sculptée.
XIVe siècle
Dommages et agrandissements
Dommages et agrandissements
XIVe siècle (≈ 1450)
Guerres de succession, réaménagements gothiques.
1634
Construction de la nef
Construction de la nef
1634 (≈ 1634)
Travaux menés par Jacques l’Honoré, recteur.
1638
Achèvement du portail ouest
Achèvement du portail ouest
1638 (≈ 1638)
Financement par Mathias Le Droasec, fabricien.
1675
Décapitation du clocher
Décapitation du clocher
1675 (≈ 1675)
Répression du duc de Chaulnes contre les Bonnets rouges.
1926
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1926 (≈ 1926)
Protection officielle de l’État français.
1967–2017
Restauration complète
Restauration complète
1967–2017 (≈ 1992)
Sauvetage par Denis Ménardeau et équipes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle (cad. YD 101) : inscription par arrêté du 4 février 1926
Personnages clés
| Jean de Languéouez - Seigneur de Lescoulouarn |
Commanditaire des réaménagements du XVIIe siècle. |
| Jacques l’Honoré - Recteur de Plonéour-Lanvern |
Dirigea la construction de la nef en 1634. |
| Denis Ménardeau - Professeur et restaurateur |
Initiateur des travaux de sauvetage (1967). |
| Georges Pompidou - Président de la République |
Visita le site et soutint financièrement. |
| Rémi Le Berre - Architecte DPLG |
Maîtrise d’œuvre de la restauration (1983). |
| Jean-François Malthête - Maître-charpentier |
Réalisa charpente et menuiseries en 1983. |
Origine et histoire
La chapelle Notre-Dame de Languivoa, située à Plonéour-Lanvern en Bretagne, fut construite à la fin du XIIIe siècle, puis agrandie aux XIVe et XVe siècles. Elle est emblématique du style architectural de l'École de Pont-Croix, avec ses trois nefs aux arcades fines et ses piliers en faisceaux de colonnettes. Endommagée durant les guerres de succession de Bretagne au XIVe siècle, elle fut réaménagée au XVIIe siècle sous l’influence classique, notamment par Jean de Languéouez, seigneur de Lescoulouarn. Son clocher, décapité en 1675 sous Louis XIV lors de la répression des Bonnets rouges, témoigne des tensions politiques de l’époque. Elle abrite une statue en albâtre polychrome de la Vierge allaitante, l’une des plus anciennes de Cornouaille (fin XIIIe siècle).
Selon la légende, une noble demoiselle, mourante, aurait promis de bâtir la chapelle si la Vierge la guérissait. Deux bœufs blancs, envoyés par Jésus, auraient aidé à sa construction, transportant les pierres la nuit avant de disparaître près d’un menhir appelé « pierre des bœufs ». Les deux cloches d’or de la chapelle, enterrées pendant la Révolution pour échapper à la fonte, n’ont jamais été retrouvées malgré les fouilles. Cette légende reflète l’importance symbolique du lieu pour les populations locales, mêlant foi et résistance.
Une cache médiévale, découverte en 1973 devant la tour-clocher, date de la fin du Moyen Âge. Rectangulaire (7,58 m × 3,5 m), elle comprend un puits menant à une salle souterraine, confirmant l’existence d’une chapelle antérieure. Ce dispositif suggère un usage défensif ou de préservation d’objets sacrés durant les périodes troubles. La chapelle, dépendant autrefois d’un prieuré, présente une architecture hybride : nef et bas-côtés du XVIIe siècle (1634), chœur des XIIIe–XIVe siècles, et traces d’un clocher détruit.
Abandonnée au XXe siècle, la chapelle se dégrade : toiture effondrée, vitraux brisés, et lierre envahissant les murs. Jusqu’en 1940, elle accueillait encore des messes et le pardon de la Trinité, mais son entretien devient trop coûteux pour la commune. Un projet de transfert à Pont-l’Abbé est même envisagé. Sa restauration débute en 1967 grâce à Denis Ménardeau, professeur nantais, et ses élèves. Le président Georges Pompidou visite le site et contribue financièrement. Les travaux, menés par l’architecte Rémi Le Berre et le charpentier Jean-François Malthête (1983), sauvent l’édifice. La chapelle, inscrite aux Monuments Historiques depuis 1926, est entièrement restaurée en 2017, permettant la reprise des célébrations.
Les inscriptions sur les portails révèlent des dates clés : 1634 (construction de la nef par le recteur Jacques l’Honoré), 1638 (achèvement du portail ouest, financé par Mathias Le Droasec, fabricien). Une croix du XVIe siècle et des éléments gothiques (arcs ogives, chapiteaux sculptés) coexistent avec des ajouts classiques. La chapelle, propriété communale, symbolise aujourd’hui la résilience d’un patrimoine à la fois religieux, légendaire et architectural, marqué par des siècles d’histoire bretonne.