Frise chronologique
XVe siècle
Légende du *Beau Rameau*
Légende du *Beau Rameau*
XVe siècle (≈ 1550)
La Vierge sauve une jeune fille noyée.
1623
Début du chemin de croix
Début du chemin de croix
1623 (≈ 1623)
Trois croix plantées sur la colline.
Début XVIIe siècle
Fondation du sanctuaire
Fondation du sanctuaire
Début XVIIe siècle (≈ 1704)
Hubert Charpentier agrandit la chapelle et crée un monastère.
1794
Destruction révolutionnaire
Destruction révolutionnaire
1794 (≈ 1794)
Seule la statue du Christ à la colonne est épargnée.
1840-1845
Restauration par Renoir
Restauration par Renoir
1840-1845 (≈ 1843)
Sculpture de sept stations et de la Vierge.
1989
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1989 (≈ 1989)
Protection de la chapelle Notre-Dame.
2002
Classement du calvaire
Classement du calvaire
2002 (≈ 2002)
15 chapelles devenues monuments historiques.
2022-2023
Restauration récente
Restauration récente
2022-2023 (≈ 2023)
Chapelle et stations du calvaire rénovées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Notre-Dame (cad. B 317) : classement par arrêté du 14 février 1989
Personnages clés
| Hubert Charpentier - Prêtre fondateur |
Crée l’hospice et agrandit la chapelle au XVIIe. |
| Pierre de Jélyotte - Pensionnaire et chanteur |
Formé au sanctuaire au XVIIIe siècle. |
| Michel Garicoïts - Fondateur de la Congrégation |
Rebâtit le calvaire au XIXe siècle. |
| Joseph Alexandre Renoir - Sculpteur |
Auteur de la Vierge et de sept stations. |
| Pierre Gorse - Lithographe |
Finance la restauration via ses œuvres (XIXe). |
| Barthélémy de Saint-Martin - Maître d’œuvre |
Architecte de la chapelle (Monumentum). |
Origine et histoire
La chapelle Notre-Dame de Lestelle-Bétharram s’inscrit dans une tradition mariale pyrénéenne remontant au Moyen Âge. Au XVIIe siècle, le prêtre Hubert Charpentier y fonde un hospice pour pèlerins, agrandit la chapelle existante et établit un monastère, marquant la naissance du sanctuaire actuel. Le site, déjà lié à une légende du XVe siècle évoquant une intervention miraculeuse de la Vierge, devient un lieu de dévotion majeur, avec plus de quatre-vingts guérisons recensées au XVIIe siècle. Les pèlerins affluaient pour vénérer une statue miraculeuse, tandis qu’un chemin de croix, initié en 1623 avec trois grandes croix, structurait la dévotion sur la colline surplombant le sanctuaire.
Au XVIIIe siècle, le sanctuaire accueille des figures comme Pierre de Jélyotte, pensionnaire et futur chanteur renommé, formé par un prêtre résident. La Révolution française épargne miraculeusement une statue en bois du Christ à la colonne, seule rescapée de la destruction des stations du calvaire en 1794. Ces dernières, initialement au nombre de quatre puis sept, furent reconstruites au XIXe siècle sous l’impulsion de Michel Garicoïts, fondateur de la Congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur. L’artiste Joseph Alexandre Renoir contribue alors à la restauration, sculptant sept stations et la statue mariale emblématique du Beau Rameau.
Le XIXe siècle voit aussi Pierre Gorse créer des lithographies pour financer la restauration du sanctuaire, tandis que l’architecture s’enrichit avec la chapelle Saint-Michel-Garicoïts, édifiée en 1922 pour abriter les reliques du saint. Le site, classé Monument Historique en 1989, conserve un intérieur remarquable : trois nefs, un maître-autel orné d’une Vierge à l’Enfant d’Alexandre Renoir, et des toiles narrant l’enfance du Christ. Les vitraux et statues, dont une Vierge polychrome du XIIIe siècle, témoignent de sa richesse patrimoniale.
Au XXIe siècle, le sanctuaire bénéficie de restaurations majeures, soutenues par la Mission Stéphane Bern, incluant la chapelle Notre-Dame (2022-2023) et les stations du calvaire, classées depuis 2002. Cependant, son histoire récente est marquée par un scandale : en 2024, une enquête révèle des accusations de violences et agressions sexuelles commises entre 1970 et 1990 par des enseignants de l’école attitée, ébranlant la réputation du lieu.
Aujourd’hui, le sanctuaire reste un haut lieu de pèlerinage, alliant patrimoine artistique, mémoire mariale et défis contemporains. Son chemin de croix, ses chapelles blanches et son architecture béarnaise en font un site emblématique des Pyrénées-Atlantiques, entre foi, histoire et controverses.