Origine et histoire de la Chapelle Notre-Dame de Locmaria-Hent
La chapelle Notre-Dame de Locmaria-an-Hent, située dans la commune de Saint-Yvi (Finistère), est un édifice religieux de style gothique cornouaillais construit entre les XVe et XVIe siècles. Initialement érigée comme église tréviale de la paroisse d’Elliant, elle se trouve sur l’ancienne voie romaine reliant Quimper à Vannes et fait partie des étapes du Tro Breiz, pèlerinage breton médiéval. Son enclos paroissial comprend un calvaire et un ossuaire datant probablement du XVe siècle, reflétant l’importance spirituelle et communautaire du site.
En 1641, l’effondrement de l’arc diaphragme supporting le clocheton central entraîne sa destruction, conduisant à la construction d’un nouveau clocher sur le pignon occidental, orné des armes de la famille de Tréanna. La chapelle, classée monument historique en 1910, abrite un patrimoine artistique remarquable : un retable du maître-autel aux bas-reliefs narrant la Passion du Christ, des statues en bois polychrome des XVIe et XVIIIe siècles (Notre-Dame, saint Jean-Baptiste, sainte Félicité), et un Christ en croix du XVIIe siècle, restauré en 2005-2006. Son pardon, célébré dans l’octave de l’Ascension, perpétue une tradition religieuse ancrée.
Le site a subi des restaurations majeures depuis 1986, portées par la municipalité et une association locale créée la même année. Ces travaux ont concerné la toiture, la charpente, et plus récemment la statuaire. La chapelle conserve également des éléments architecturaux uniques, comme une cheminée dans une pièce latérale et des balustres en bois du XVIIIe siècle fermant le chœur. Son placître, dont les arbres sont protégés depuis 1931, souligne son intégration harmonieuse dans le paysage breton.
Historiquement, Locmaria-an-Hent était une trève dépendante d’Elliant jusqu’en 1792, date à laquelle son terroir fut fusionné avec celui de Saint-Yvi pour former l’actuelle commune. Ce contexte administratif illustre l’évolution des structures paroissiales en Bretagne sous l’Ancien Régime. La chapelle, propriété communale, reste un lieu de culte actif et un témoignage de l’art sacré breton, mêlant influences gothiques et traditions locales.
Parmi les œuvres notables, la statue de sainte Félicité (XVIIIe siècle) représente la sainte éduquant les Sept saints fondateurs de la Bretagne, adaptant un récit biblique à l’hagiographie locale. Les statues de Notre-Dame et saint Jean-Baptiste (XVIe siècle) illustrent quant à elles l’iconographie médiévale : Marie, vêtue richement mais coiffée simplement, tenait autrefois une grenade (symbole de fécondité), tandis que Jean-Baptiste désigne l’Agneau de Dieu, soulignant le rôle pédagogique de ces représentations pour les fidèles.