Frise chronologique
1630
Première demande d'agrandissement
Première demande d'agrandissement
1630 (≈ 1630)
Construction d’un auvent pour agrandir la chapelle.
1659
Bas-relief de la Pietà
Bas-relief de la Pietà
1659 (≈ 1659)
Date gravée commémorant Fr. Barthélémy de Sainte-Croix.
1674
Décès de Marie Gavotte
Décès de Marie Gavotte
1674 (≈ 1674)
Cercueil retrouvé avec un liard de 1698.
XVIIe siècle
Période de construction principale
Période de construction principale
XVIIe siècle (≈ 1750)
Agrandissement et décors de coquillages datés.
16 décembre 1998
Inscription des oratoires
Inscription des oratoires
16 décembre 1998 (≈ 1998)
Protection partielle au titre des monuments historiques.
1er mars 2000
Classement de la chapelle
Classement de la chapelle
1er mars 2000 (≈ 2000)
Protection totale du monument.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les quatre oratoires (cad. E 702) : inscription par arrêté du 16 décembre 1998 - La chapelle (cad. D 682) : classement par arrêté du 3 janvier 2000
Personnages clés
| Fr. Barthélémy de Sainte-Croix - Religieux |
Commémoré par la Pietà de 1659. |
| Marie Gavotte - Défunte locale |
Cercueil découvert avec un liard de 1698. |
| Gilles Godefroid - Historien local |
A étudié les chapelles à coquillages du Var. |
Origine et histoire
La chapelle Notre-Dame-de-Pitié du Val, située au col de Notre-Dame à la limite du Val et de Brignoles (Var), est un rare exemple de chapelle décorée de coquillages, une tradition partagée par seulement six autres édifices en France. Son édifice actuel résulte de l’agrandissement, entre 1630 et 1668, d’une première chapelle médiévale (peut-être Notre-Dame de Clivio, XIIe siècle), conservée à l’arrière. La façade, orientée nord-ouest, présente deux portes inhabituelles pour une chapelle rurale, ainsi que des niches romanes et gothiques ornées de liserés de coquillages et de scories. La Pietà en bas-relief, datée de 1659, commémore la mort de Fr. Barthélémy de Sainte-Croix, un religieux d’Aix-en-Provence.
L’intérieur abrite un autel et une abside exceptionnels, recouverts d’environ 9 000 coquillages de près de trente espèces méditerranéennes, disposés en motifs symboliques (cornes d’abondance, rosaces, Golgotha miniature). Ce décor, probablement inspiré par le culte marial du XVIIe siècle, s’accompagne d’éléments macabres comme deux crânes humains aux pieds du Calvaire, dont l’un pourrait appartenir à Marie Gavotte, décédée en 1674. Un liard de 1698, trouvé sous son cercueil, atteste de pratiques funéraires locales. La chapelle était un lieu de pèlerinage actif, avec un chemin de croix jalonné de quatre oratoires (trois restaurés), et sa décoration s’apparente à celle de la grotte Notre-Dame du Bon Refuge à Barjols, aménagée par les Carmes en 1649.
Classée monument historique en 2000 (après une inscription partielle en 1998 pour ses oratoires), la chapelle illustre l’originalité des expressions religieuses provençales. Son architecture hybride, mêlant éléments romans, gothiques et baroques, reflète des influences variées, dont celles du chemin de Compostelle, suggérées par les coquilles Saint-Jacques en façade. Les archives restent cependant pauvres sur les artisans ou les commanditaires des décorations, dont la datation précise (XVIIe siècle pour la façade, incertaine pour l’autel) repose sur des indices matériels et stylistiques. Les vols de pièces décoratives (bougeoirs, vases) ont appauvri l’ensemble, mais des photographies anciennes en témoignent.
Le site s’inscrit dans un réseau de chapelles à coquillages en France, étudié par des historiens locaux comme Gilles Godefroid. Ces édifices, souvent liés à des grottes ou des ermitages (comme à Barjols), révèlent une spiritualité populaire mêlant dévotion mariale, symbolisme de la mort, et utilisation de matériaux naturels. La présence de scories noires, associées aux coquillages, pourrait évoquer un lien avec des activités métallurgiques locales, bien que cette hypothèse ne soit pas documentée. La chapelle, propriété mixte (commune et privée), reste un témoignage unique de l’art religieux rural en Provence-Alpes-Côte d’Azur.