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Chapelle Notre-Dame de Pouey-Laün à Arrens-Marsous dans les Hautes-Pyrénées

Patrimoine classé Patrimoine religieux Chapelle baroque et classique Caquetoire

Chapelle Notre-Dame de Pouey-Laün à Arrens-Marsous

    2 Route d'Azun
    65400 Arrens-Marsous
Propriété de la commune
Chapelle Notre-Dame de Pouey-Laün à Arrens-Marsous
Chapelle Notre-Dame de Pouey-Laün à Arrens-Marsous
Chapelle Notre-Dame de Pouey-Laün à Arrens-Marsous
Chapelle Notre-Dame de Pouey-Laün à Arrens-Marsous
Chapelle Notre-Dame de Pouey-Laün à Arrens-Marsous
Chapelle Notre-Dame de Pouey-Laün à Arrens-Marsous
Chapelle Notre-Dame de Pouey-Laün à Arrens-Marsous
Chapelle Notre-Dame de Pouey-Laün à Arrens-Marsous
Crédit photo : Bollystolly - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIe siècle
Fondation de l’oratoire
1549-1550
Premières mentions écrites
1660
Séisme destructeur
1717
Transformation en église
1795
Vente comme bien national
1808
Réouverture par Hortense de Beauharnais
1812-1813
Caserne pendant la guerre d’Espagne
1856
Installation des Pères de Garaison
1918
Conversion en sanatorium
1954
Classement monument historique
1973
Transformation en institut médical
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Chapelle de Pouey-Laün : classement par arrêté du 11 septembre 1954

Personnages clés

Hortense de Beauharnais - Protectrice impériale Obtient la réouverture en 1808.
Monseigneur Laurence - Évêque de Tarbes Dirige les restaurations post-révolutionnaires.
Marc Ferrère - Artiste baroque Auteur présumé du retable.
Napoléon Louis Charles Bonaparte - Fils d’Hortense de Beauharnais Messe annuelle en sa mémoire.
Pères de Garaison - Congrégation éducative Gèrent le site de 1856 à 1903.

Origine et histoire

La chapelle Notre-Dame de Pouey-Laün, surnommée capèra daurada (« chapelle dorée »), trouve ses origines au XIIe siècle avec la fondation d’un oratoire sur le lieu d’une apparition mariale. Ce site, situé sur la via Tolosane des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, devint rapidement un lieu de dévotion pour les pèlerins empruntant le col du Somport. Les premières traces écrites, datant de 1549-1550, confirment son ancrage dans la tradition religieuse bigourdane, mêlant légendes locales et ferveur populaire.

Au XVIIe siècle, la chapelle subit les aléas de l’histoire : un séisme en 1660 endommage partiellement l’oratoire, révélant la vulnérabilité des constructions pyrénéennes face aux catastrophes naturelles. Ce contexte de fragilité contraste avec l’essor du pèlerinage, déjà bien établi grâce à la position stratégique du sanctuaire sur un axe majeur de circulation médiévale. Les réparations entreprises reflètent l’attachement des communautés locales à ce lieu sacré, malgré les ressources limitées de l’époque.

La transformation majeure intervient en 1717, lorsque l’afflux croissant de pèlerins impose la conversion de l’oratoire en une église à part entière. Ce chantier, mené au début du XVIIIe siècle, s’inscrit dans un mouvement plus large de rénovation des sanctuaires pyrénéens, souvent financés par les dons des fidèles. Cependant, la Révolution française bouleverse son destin : utilisé comme caserne en 1793, puis vendu comme bien national en 1795, l’édifice incarne les tensions entre patrimoine religieux et idéaux républicains.

La chapelle doit sa résurrection en 1808 à l’intervention d’Hortense de Beauharnais, mère de Napoléon Louis Charles Bonaparte, qui obtient sa réouverture à condition d’y célébrer une messe annuelle en mémoire de son fils décédé. Cette protection impériale permet à l’évêque de Tarbes, Monseigneur Laurence, d’engager des restaurations et de confier la gestion aux Pères de Garaison, une congrégation locale dédiée à l’éducation et à la prédication. Leur présence, jusqu’en 1903, marque une période faste avec l’ouverture d’un collège formant une cinquantaine de prêtres pour le diocèse.

Au XIXe siècle, les conflits européens laissent leur empreinte : entre 1812 et 1813, pendant la guerre d’Espagne, le sanctuaire redevient une caserne, illustrant le rôle ambigu des édifices religieux en temps de crise. Après 1856, les Missionnaires de l’Immaculée Conception y établissent un noviciat, avant que les locaux ne soient convertis en sanatorium après la Première Guerre mondiale, puis en institut médical en 1973. Cette adaptation reflète les mutations sociales des Pyrénées, où les lieux de culte deviennent des espaces de soin.

La chapelle se distingue par son retable attribué à Marc Ferrère, un exemple remarquable de l’art baroque bigourdan, ainsi que par sa nef et son chœur harmonieux, typiques de l’architecture religieuse montagneuse. La chapelle latérale dédiée à sainte Anne, ajoutée ultérieurement, témoigne de la dévotion persistante envers les saints protecteurs des voyageurs. Classée monument historique en 1954, elle incarne aujourd’hui un patrimoine à la fois spirituel, historique et paysager, inscrit dans les itinéraires du GR10 et des chemins de Compostelle.

Son histoire, marquée par des reconversions successives (caserne, école, sanatorium), révèle une résilience exceptionnelle, caractéristique des sanctuaires pyrénéens. La capèra daurada reste un symbole de la foi populaire, mais aussi un témoin des bouleversements politiques et sociaux qui ont façonné les Hautes-Pyrénées. Son classement et sa fréquentation actuelle en font un joyau du patrimoine occitan, à la croisée des héritages médiéval, révolutionnaire et contemporain.

Enfin, son intégration dans le paysage culturel local, entre pèlerinage, tourisme et mémoire, en fait un lieu vivant, bien au-delà de sa vocation religieuse initiale. Les restaurations régulières et les études archéologiques récentes soulignent son importance pour comprendre l’évolution des pratiques dévotionnelles et des techniques constructives dans le sud-ouest de la France. Aujourd’hui, elle attire autant les randonneurs que les amateurs d’art sacré, perpétuant une tradition vieilles de neuf siècles.

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