Origine et histoire de la Chapelle Notre-Dame de Pritz
La chapelle Notre-Dame de Pritz, située à Laval sur la route de Changé, est un édifice principalement roman dont la construction s’échelonne du VIIIe au XIIe siècle. Elle est édifiée près d’un ancien gué sur la Mayenne et du ruisseau Pritz, son nom évoluant au fil des siècles (Prisco Siccino monasterio en 710, Notre-Dame de Priz en 1407). Une niche de sa façade est inscrite en 1926, et l’ensemble est classé en 1938. Propriété privée depuis sa vente en 1794 pour 1 805 livres, elle reste dans la même famille, préservant son patrimoine.
À l’origine, la chapelle est liée au monastère Prisco Siccino mentionné en 710 dans le testament de l’évêque Béraire, qui en disposait parmi d’autres biens ecclésiastiques. Entre les VIIIe et XIe siècles, les sources se font rares, mais l’église, déjà paroissiale, est rattachée à la jeune ville de Laval fondée vers 1020. Les bénédictins de la Couture y établissent un prieuré au XIIe siècle, agrandissant l’édifice (nef reconstruite entre 1080 et 1085) pour accueillir les fidèles. Jusqu’à la fin du XIIe siècle, elle reste l’église paroissiale de Laval, avant que ce titre ne soit transféré à l’église de la Trinité, plus centrale.
La chapelle devient alors un lieu de pèlerinage fréquenté, décoré de fresques (XIIe–XIIIe siècles) comme un calendrier des saisons ou des scènes de la Vierge. Elle abrite aussi des sépultures de bienfaiteurs, dont André Merienne, et des éléments mobiliers remarquables : retable du XVIIe siècle attribué à Michel Lemesle, statues (saint Christophe, saint Roch), et une clôture en bois de 1776. La Charité de Priz, institution caritative active du XIVe au XVIe siècle, y distribuait pains et aumônes le jour de l’Ascension, attirant les pauvres de la région.
Le prieuré, en commende à partir de la Renaissance, conserve son rayonnement spirituel. En 1791, la chapelle échappe de peu à la vente nationale grâce à l’opposition des marguilliers, avant d’être acquise en 1794. Ses fresques, partiellement effacées par l’effondrement de l’abside au XIVe siècle, révèlent encore des cycles apocalyptiques et des donateurs médiévaux. Le site, marqué par son gué et son cimetière mérovingien (dalles funéraires réemployées à l’entrée), illustre la continuité cultuelle et artistique de la Mayenne.
Le fief de Priz, domaine relevant de Puisiers en Ruillé-Froidfonds, comprend des terres et une justice seigneuriale. Ses possesseurs, comme la famille Hay ou les seigneurs de Parneau, y exercent des droits jusqu’à la Révolution. La chapelle, aujourd’hui propriété privée, témoigne ainsi de plus de mille ans d’histoire religieuse, sociale et artistique, des Mérovingiens aux temps modernes.